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faute en est non pas à ses aptitudes, mais à tout un système de vie sociale et d’éducation qui a laissé jusqu’à présent la majorité des femmes dans l’oisiveté. Que toutes les femmes, même sans l’exercer, aient en mains un métier, une profession — en cas pour les heures critiques — et bien des difficultés sociales ou familiales seraient évitées.

Par la force même des choses, les femmes ont dû remplir dans la vie administrative et intellectuelle du pays, certaines fonctions qui leur avaient jusqu’alors été refusées.

Voilà des années, vingt ans au moins, que nos féministes ont réclamé comme première étape vers la pleine justice, le droit de vote municipal. Et bien des hommes reconnaissaient que nombre de femmes auraient pu facilement remplir les fonctions de conseillers municipaux. Mais l’ignorance politique de la masse féminine et une fâcheuse routine nous avaient arrêtés dans la voie où l’Angleterre, les pays Scandinaves, l’Amérique s’étaient engagés. La guerre a souvent, sinon toujours, écarté la routine, brisé les préjugés anciens et créé un état de choses tel qu’il a fallu, toute autre considération disparaissant, considérer seulement l’intérêt du pays.

Et les femmes, dès les premières heures de la guerre sont entrées de plein-pied dans la vie politique. Si l’absence des hommes s’est, dans les villages ou les bourgs fait gravement sentir pour les travaux manuels,