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fois admise, les milliers de femmes qu’emploient les quatre grands établissements parisiens, les centaines qu’utilisent les succursales des grandes villes de province, Bordeaux, Lyon, Marseille, trouvent leur tâche agréable et facile. Les heures de présence, les mêmes que pour les hommes, sont peu nombreuses. Pour un travail de 5 à 6 heures, l’employée touche, au début 3 francs, pendant la période d’essai, puis arrive, lorsqu’elle est titularisée à 5 francs et 6 francs.

Quelques-unes particulièrement assidues, obtiennent le traitement mensuel avec gratification. En général, la tâche est peu compliquée ; copies, établissement de reçus ou de bordereaux, services des coupons, paiements aux guichets. Le véritable travail du banquier nécessite trop de connaissances spéciales et une expérience trop longue pour pouvoir leur être confié d’emblée. Ce n’est pas à dire que certaines femmes ne montrent pas de véritables aptitudes financières. En utilisant ces oiseaux rares, le Crédit Lyonnais, par exemple, a pu créer un service, exclusivement féminin. C’est le service de conservation des titres dont la direction est confiée à une femme également.

« On n’a qu’à se louer, m’a déclaré le Directeur du Crédit Lyonnais, des résultats heureux donnés par l’emploi des femmes dans nos établissements. Leur docilité, leur conscience sont exemplaires et la sécurité est plus grande avec elles qu’avec le personnel masculin, les tentations de la grande ville étant pour elles moins nombreuses, moins dangereuses. »

Sans doute après la guerre, me dit encore le Direc-