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leurs 11 000 employés mobilisés. Travail de bureau surtout — assez important du reste — puisqu’en l’un des services de l’Ouest-État, le chef de bureau est une femme. Travail manuel aussi. On me cite une gare des environs de Paris où les femmes entretiennent et réparent les locomotives.

Les banques et établissements de crédit ont fait également une très large place au personnel féminin. La Banque de France et ses diverses annexes, le Crédit Lyonnais, la Société Générale, le Comptoir d’Escompte ont en cette matière, non pas tout à fait innové comme on le pourrait croire, mais suivi des précédents. Depuis une vingtaine d’années environ, toutes les grandes organisations financières employaient des femmes. Tout naturellement et sans même avoir besoin des conseils gouvernementaux elles ont remplacé par leurs sœurs et leurs femmes, les employés mobilisés.

Le soin le plus minutieux préside au choix de ce personnel. Seules sont acceptées les femmes ou jeunes filles suffisamment instruites, d’allure correcte, et offrant toute garanties de moralité. Celles qui, introduites dans l’établissement, marqueraient une attitude frivole, sont immédiatement renvoyées, nous dit le Directeur du Crédit Lyonnais. Et de jeunes employées de la Banque de France ayant au cœur de l’été revêtu leurs formes, harmonieuses sans doute, de voiles trop légers, elles reçurent l’ordre formel de ne plus induire leurs camarades en tentation. Les jeunes « financières » doivent donc s’harmoniser à l’austérité de leur profession.

Cette concession, — assez pénible il est vrai — une