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tous les emplois de bureau nécessités par ces administrations, la pratique était courante dès avant la guerre d’employer des femmes. L’usage n’a fait que se généraliser.

L’administration des P. T. T. a mis à la disposition de l’autorité militaire dix-huit mille hommes ; la plus grande partie, soit onze mille ont été remplacés par des femmes. Celles-ci sont choisies parmi les femmes ou veuves d’employés mobilisés.

Dans les bureaux elles fournissent huit à dix heures de travail par jour et exécutent les multiples opérations épistolaires ou financières dont se chargeaient les hommes. Rien d’étonnant à cela ; ne le faisaient-elles pas avant la guerre ? Rien d’étonnant non plus à ce que la fatigue du métier amène parfois l’énervement et que les lèvres féminines n’aient pas toujours le sourire qu’on en espère. Ici encore, nous restons dans la tradition. Plus curieuse est l’innovation réalisée par M. Thomson ; les facteurs comme les autres, manquant à l’appel, le Ministre eut l’idée de remplacer ceux-ci comme les autres par leurs femmes ou leurs sœurs. Et l’on vit cinq ou six cents factrices rurales parcourir bravement les campagnes. Bien qu’à première vue le métier semble un peu dur pour le sexe faible, les factrices s’acquittent avec succès de leur nouvelle tâche. Et c’est une nouvelle preuve qu’en matière de féminisme comme partout ailleurs, il faut se garder d’imprudentes généralisations.

Les chemins de fer de même, où toujours les femmes ont travaillé, ont remplacé par plus de 6 700 femmes