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trouver miraculeusement en elles le courage et la force d’accomplir les devoirs des absents et leurs plus rudes travaux ».

À côté de celles qui cultivent le blé, celles qui ont pétri le pain. Aussi bien que les agricultrices, les boulangères ont mérité de la patrie. Comme l’a dit la Présidente de leur ligue : « Nos maris sont mobilisés, nous nous considérons comme mobilisées également, comme des soldats, au feu de nos fournils ». À la ville cependant où l’on trouve encore des ouvriers, la tâche, bien que rude, n’a pas été au-dessus des forces féminines. Mais dans certains petits villages on a vu des femmes exécuter tous les travaux.

Tel est le cas de la boulangerie de Faux Fresnay qui raconte à un journaliste comment, placée sur la route suivie en septembre 1914, par les évacués du Nord et nos soldats en retraite, elle affronta pour eux le dur travail du four et du pétrin.

 » C’était pendant la bataille de la Marne, les Allemands étaient à Connantre, et l’on avait évacué les environs. Je suis restée seule avec ma mère, espérant par ma présence sauver ma maison du pillage. Tout le monde s’enfuyait, ne voulant pas subir les horreurs de l’invasion.

 » À partir du 4 septembre, ce fut un défilé incessant d’émigrés qui passaient par milliers et de soldats blessés qui cherchaient à rejoindre leurs camarades.

 » La plupart n’avaient pas mangé depuis quatre jours et demandaient du pain.

 » Alors, je suis descendue au fournil pour rallumer le four et essayer de travailler comme je l’avais vu faire si souvent à mon mari.