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femmes serbes et bulgares qui, dans les deux guerres balkaniques ont, spontanément ou sur des ordres d’en haut, à la campagne comme à la ville, dans les travaux des champs, les administrations publiques, les entreprises de transport, pris la place de leurs maris, n’a pas justifié leur thèse, personne en France ne pensant avoir l’occasion de renouveler pareille expérience.

Au début de la grande crise seulement on s’aperçoit que les femmes constituent une réserve de forces indispensable. Le 30 juillet 1914 un écrivain de talent, Mme Jack de Bussy esquisse l’organisation d’une Ligue des enrôlées françaises « ligue ayant pour but de suppléer aux vides laissés par les hommes partis pour la défense nationale ». Il s’agit de recueillir, par voie d’affiche et par la presse des offres d’emploi, émanant de femmes, de faire le recensement et le classement des bonnes volontés.

Comme le dit avec beaucoup de précision sa fondatrice, il ne s’agit pas de faire double emploi avec la Croix Rouge puisqu’on n’envisage pas les blessés.

Voici d’ailleurs le texte de l’affiche :

Ligue des Enrôlées Françaises.
Fondée 30 Juillet 1914.

Ligue ayant pour but de suppléer aux vides laissés par les hommes partis pour la Défense Nationale.

Aucune idée féministe ne doit entrer dans cette Ligue, de même n’a-t-elle aucun rapport avec la Croix-Rouge puisqu’elle n’envisage pas les blessés, mais les forces actives et journalières dans tous leurs emplois.