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la stagnation sans gloire, la douleur, l’ennui ; avec plus de joie ils désirent la victoire et la paix. Et lorsque, par hasard — moins fréquemment pourtant que les romanciers ne le supposent — les âges, les caractères, les esprits peuvent s’accorder, il s’ébauche de délicieuses idylles qui se terminent comme dans les contes encore. Mais ici c’est la marraine qui se transforme elle-même en fiancée.

Ce que celles-là font pour les combattants, celles-ci le font pour les blessés. L’un comme l’autre peut être isolé et pour le malade séparé des siens, l’angoisse est encore plus grande, l’inaction rend plus pesante la solitude, et mille fantômes viennent hanter un cerveau affaibli que, seule peut chasser une présence amie. C’est ce qu’ont compris les femmes et les jeunes filles assez heureuses pour bénéficier de quelques loisirs et d’une aisance leur permettant des voyages parfois coûteux. Elles ont fondé l’œuvre de la Visite et de l’aide aux blessés qui, de Paris où elle est établie, rayonne sur toute la France. Les déléguées se mettent en rapport avec les blessés qui, soignés dans les hôpitaux de province ont leurs parents à Paris ou dans une région éloignée. À leurs frais elles se déplacent, vont d’hôpitaux en hôpitaux, parlent à celui-ci de sa femme, à cet autre des nouveau-nés qu’il n’a pas encore connus, réconfortent des blessés, encouragent leurs familles, donnent à tous des paroles d’espoir. Avec la visiteuse c’est l’image de la famille, c’est l’image de la mère, de la fiancée, qui, apparaît tendre et gracieuse, rattache au monde l’isolé.