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la mère sa vraie place dans la maison familiale.

Cette place, elle sera d’autant plus en droit de la tenir que le chef de famille saura pouvoir, au besoin, se reposer sur elle de la direction du ménage et de son entretien. Combien de familles, mieux instruites de la réalité par une terrible expérience, voudront donner à leur fille, même riche, un métier qui, en cas de revers, la mette à l’abri du besoin ! Souhaitons-les nombreuses. L’idéal n’est-il pas que toute femme apprenne un métier manuel ou intellectuel, quitte à ne le pratiquer que si elle reste ou redevient seule dans la vie ? Aux femmes comme aux hommes « sans aptitudes spéciales » la société est et sera toujours plus inhospitalière.

Collaboratrice dans la bonne fortune, remplaçante dans la mauvaise fortune, telle devrait être l’épouse de demain.

Pris en masse, comme pris individuellement, les hommes désireront rendre justice à leurs compagnes et ce sentiment seul sera — s’il se manifeste — la source de grands changements, de vastes progrès.

Ce sera justice que de n’interdire à la femme, parce que femme, aucun des emplois dont une expérience de plus de trois ans l’a montrée capable.

Voilà donc perpétuée, accrue, une concurrence inquiétante déjà avant la guerre ? Voilà donc les femmes disputant, arrachant leur pain aux mutilés ! Des publicistes déjà ont poussé de tels cris d’alarme. Sophisme ! Antithèse d’un bel effet littéraire, mais dont la réalité montre le néant ! Les mutilés réduits à des emplois autrefois féminins, les femmes viendront combler en