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que les soldats de l’an II. « Comment, s’écrient-ils, ne serions-nous pas victorieux ? Nos ennemis luttent en hurlant et nous, nous allons à la victoire en chantant. »

Au printemps de 1915, la scène change, les Allemands préparent un grand effort ; ils envahissent les provinces baltiques et la Pologne. Combien encore de victimes ou d’héroïnes dans ces nations martyres ! Voici une châtelaine de Chavli qui, résistant aux exactions des soudards teutons, a la main fracassée d’un coup de revolver. Voici une Lucrèce courlandaise victime de son courage et de sa fermeté.

Dans une ferme de Courlande, un officier veut prendre des privautés avec la demoiselle de la maison. La jouvencelle aux beaux bras s’indigne, saisit un tisonnier et en applique un reitre coup si roide qu’elle lui crève un œil. Alors se passe une scène ignoble : une bande de soudards accourt, se livre à des turpitudes qu’on ne saurait décrire et finalement tuent la malheureuse à coups de baïonnette » [1].

Voici d’après le récit d’un correspondant de guerre anglais, une histoire où l’horreur tragique, la sublime charité paraîtraient irréelles si nous ne vivions en un temps où la réalité dépasse les plus romanesques imaginations. Dans un village polonais, notre correspondant a reçu une large et cordiale hospitalité chez le père de deux charmantes jeunes filles.

  1. Naudeau, Les Femmes russes à la guerre.