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elle à craindre ? Les Allemands, si barbares soient-ils, doivent respecter l’insigne sacré de la charité.

Un an en effet, les prévisions de miss Cavell se réalisent.

Un an, elle se multiplie n’épargnant ni son temps ni ses fatigues. Elle a transformé en hôpital l’école Normale d’Infirmières où elle professe et installé un peu partout des ambulances. Elle y a recueilli Belges, Anglais, Français et Allemands. Tous ont été soignés avec un égal dévouement, une égale patience. Se trouve-t-elle au chevet des souffrants, des mourants ?… plus d’amis, plus d’ennemis pour elle ; des frères malheureux. Les vainqueurs eux-mêmes le savent ; leurs officiers ont, à plusieurs reprises, rendu hommage à l’infirmière. Cent de leurs blessés ne sont-ils pas traités dans la seule école Normale ?

Miss Cavell ne se contente pas d’être infirmière. Avec Mme Carton de Wiart et de généreux Américains, elle s’évertue au soulagement de toutes les misères, distribue argent, vêtements et, aussi précieux, les secours moraux, à tous ceux que l’invasion a fait refluer sur Bruxelles.

Comme son illustre collaboratrice elle est bien vite très populaire. Belges et Allemands, — ceux-ci s’ils ne se croient pas observés par des espions, — la saluent quand elle passe.

Mais sa popularité, comme celle de Mme Carton de Wiart, inquiète von Bissing. Autour de l’une comme de l’autre, la population belge ne pourrait-elle se rallier ? Celle-là comme celle-ci ne compromet-elle pas la sécu-