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Dans les meetings organisés pour montrer la nécessité des enrôlements, au milieu d’une foule surexcitée, sur les estrades où s’étalent d’immenses pancartes, où flottent des banderoles, — tableau qui pour nous Français évoque les journées immortelles de la Patrie en danger et la voix formidable de Danton, — des femmes se tiennent, féministes habituées de longue date aux joutes oratoires, actrices qu’enhardit l’habitude des planches, mais aussi de simples et modestes femmes ou jeunes filles qui jusqu’ici n’ont de leur vie affronté des regards assemblés et que galvanise l’idée patriotique. Mrs Pankhurst et sa fille ont parcouru les principales villes du Royaume Uni en développant devant les foules autrefois réunies pour d’autres motifs, tout leur programme patriotique.

« On les écoute, on les suit, dit un de ceux qui les virent à l’œuvre, et le Times qui n’est pas un chevalier de leurs doctrines, porte justement aux nues leur magnifique effort ».

À Londres, sur le haut soubassement de la colonne Nelson, c’est une actrice en vogue qui prend place : « sans trac, sans pose, elle a su trouver ce qu’il fallait dire pour décider quelques hésitants à se rallier au drapeau. À ce jour cru de la grande place, l’actrice a dit son admiration pour ceux qui se sont battus et se battent encore, toute sa tendresse anxieuse pour les blessés qu’elle visite et c’est une femme seulement qui pouvait apostropher les slackers, les « francs fileurs » avec des phrases d’un mépris aussi ironique et aussi cinglant. »