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Monde rapporte à ses frères plus de 2 millions. Elle revient en Europe. Paris, Londres l’écoutent et les grandes villes anglaises. Inlassable elle reprend le thème sinistre, et bien des hésitants sont alors convaincus, bien des bonnes volontés s’affirment grâce à une femme qui, doucement, parle et supplie.

Mme Carton de Wiart, elle, a voulu rester en Belgique pour affirmer, à la face de l’Europe, que les civils « tiendraient ». Épouse d’un écrivain et homme politique notoire, elle fut, avant la guerre, l’une des femmes les plus en vue de la Belgique. Présentée en 1910 au couple impérial elle entendit déclarer par l’impératrice que « l’Allemagne avait contracté une dette envers la Belgique en raison des égards dont l’empereur et elle avaient été comblés ».

En août 1914, elle refusa de suivre en France son mari et les membres du gouvernement : « Mes enfants dit-elle, seront peut-être un jour au pouvoir. Ils doivent s’être rendu compte des souffrances de leurs compatriotes ». Ses premiers actes sont au profit des Allemands, femmes et enfants, résidant à Bruxelles. Depuis le départ de leurs maris, c’est la femme du ministre de la Justice qui leur assure le nécessaire ; et souvent, raconte-t-elle, elle fut injuriée par des femmes belges qui la trouvaient « trop bonne avec l’ennemi » ! Quand, dès le 8 août, les réfugiés des provinces du nord-est affluent vers la capitale, Mme Carton de Wiart fonde l’œuvre des soupes