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tentatives avortées, mais non inutiles, de 1789 et de 1848, le féminisme français a réussi à s’organiser, à l’exemple du féminisme anglais, son cadet. Ligue Française pour le droit des femmes, Égalité, Conseil National des femmes, Union Française pour le suffrage des Femmes (U. F. S. F.), Vie féminine ont successivement apparu, se partageant la tâche, usant de moyens différents, mais poursuivant le même but. Elles ont fondé des journaux (la Fronde, l’Entente, la Française, l’Équité), tenu des assemblées et congrès, publié des rapports, distribué des tracts, poursuivi au Parlement une action persévérante, posé même des candidatures pour déjouer la conspiration du silence.

À la veille de la guerre l’œuvre était en bonne voie. Les sociétés féministes recrutaient assez rapidement des adhérents nouveaux. L’Union française pour le suffrage des femmes fondée en 1909 compte aujourd’hui plus de 15 000 membres et, parisienne d’abord, a essaimé dans presque tous les départements.

Le Conseil national des femmes, fondé en 1889 peut aligner une liste qui, d’après certains rapports, un peu trop favorables il est vrai, compterait plus de cent mille personnes. Pour arriver à ce total considérable il faut faire état de toutes les sociétés affiliées au conseil, société de protection de l’enfance, de tempérance, d’anti-alcoolisme, d’action pacifiste. Mais n’est-il pas légitime de procéder ainsi si l’on remarque, comme le fait avec raison une féministe que les membres de ces nombreuses sociétés, indifférents d’abord, se sont peu à peu laissés enrégimenter dans l’armée féministe ?