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son attirante beauté. De toute part lui sont venus les hommages. Le lendemain de la bataille, Douglas Haig envoie un officier d’ordonnance féliciter la jeune fille « du courage avec lequel elle a aidé ses troupes a attaquer l’ennemi. » Quelques mois plus tard, quelques-uns de ces Écossais dont elle précéda dans Loos la marche victorieuse lui envoient des Highlands un bouquet de bruyères lié d’un ruban aux trois couleurs, et une poésie célébrant « l’âme héroïque et sereine » de « la Française » unie à Jeanne la Lorraine dans leur culte fervent.

La croix de guerre, reçue à Versailles au milieu de blessés glorieux, une décoration anglaise attribuée quelques mois plus tard ont donné à Mlle Moreau la consécration officielle. « Mais, dit notre héroïne, ces distinctions n’effacent pas les deuils ! »

Faut-il citer encore les héroïques fileuses d’une cité industrielle du nord qui, malgré le bombardement et quand nul ne passe dans les rues, s’en vont à l’heure habituelle reprendre leur poste de travail comme le soldat son poste de bataille (l’une d’elles est tuée, deux sont blessées, mais les autres travaillent sous les obus) ; les institutrices qui emmenées en captivité ont, dans maint village d’Allemagne, groupé autour d’elles les jeunes évacués et malgré toutes les vexations, entretenu en eux la lumière spirituelle de la France ; la jeune fille de Péronne qui, souillée par les Barbares se donna la mort, la directrice d’école des Ardennes qui, obtenant un laissez-passer des autorités allemandes, vint à l’expiration des vacances de 1915 reprendre son poste périlleux ?