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demande seulement de me tuer avec des fusils français ! » Cependant, grâce à l’entrée en action de notre artillerie, Marcelle Semmer peut encore s’échapper. Nous reprenons le village. La position est précaire, d’ailleurs ; les Allemands ont reculé seulement de quelques centaines de mètres et placent leur artillerie sur une hauteur d’où ils dominent la position. De l’avis des officiers français c’est la retraite obligatoire si l’on ne veut sacrifier inutilement des hommes et consommer l’anéantissement du village. Ici encore Marcelle Semmer intervient. Elle connait merveilleusement le pays et a pratiqué des sentiers ignorés de la carte d’état-major. Éclaireuse et stratégiste à la fois, elle indique aux cavaliers français le plus court chemin pour atteindre l’ennemi. « Par le bois, dit-elle, on peut le surprendre. Nous arriverons encore à temps ». Elle-même précède et guide la colonne. Blessée l’une des premières elle reste cependant jusqu’à la fin de l’action qui se déroule comme elle l’a prévu. Les nôtres remportent la victoire, s’emparent des pièces, font des prisonniers. « Sous l’influence d’un ravissement extatique écrit un témoin, la jeune fille apparaît aux habitants de l’Éclusier comme un ange libérateur ». Et voici, grâce à une femme, le succès d’un « engagement local » décidé.

Des tranchées creusées en avant du village, le front fixé un peu en avant de l’Éclusier, Marcelle Semmer continue à partager la vie de nos soldats, désormais ses compagnons d’armes, de les ravitailler sous le feu ; un jour elle se propose pour faire le service d’un poste avancé placé en avant des premières lignes de tran-