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À Maubeuge, ce sont Mlle de Latour-Maubourg, Mlle Jacquin, Mlle Armagnac qui restent auprès des blessés pendant le siège de la place et sous le bombardement. Prisonnières avec les soldats confiés à leurs soins, pendant cinq mois elles continuent à se dévouer pour les blessés français et allemands, puis libérées enfin, vont dans les hôpitaux français soigner les contagieux.

À Furnes, pendant la bataille de l’Yser, Mme Panas, infirmière major, Mlles d’Haussonville, Muret, Wassender, Ansart, Kessisogler, persistent à soigner des blessés dans des ambulances criblées d’obus. Il faut toute la fermeté d’un officier général pour les faire partir.

À Ypres, du 5 au 14 novembre, les Allemands s’acharnent avec une fureur sauvage, sur l’hôpital où sont soignés 54 de leurs blessés. Un beau livre du Dr Mariave [1], médecin chef de cet hôpital, nous montre de quelle foi mystique, de quel esprit de sacrifice vraiment chrétiens furent animés et le docteur lui-même et ses collaborateurs, religieuses ou infirmières volontaires. Mlle Elisabeth Vanderghote, fille d’un ingénieur belge, parcourt toute la ville à travers les maisons effondrées pour porter secours aux familles ensevelies. Les religieuses de l’hôpital de Notre-Dame, sous la pluie d’obus incendiaires continuent leurs soins avec un calme parfait. Et tandis que les sœurs infirmières de Poperinghe, qu’on a forcées de partir, « reviennent tout en larmes d’avoir abandonnés leurs malades » et retrouvent à

  1. Dr Henri Mariave. Le bombardement de l’hôpital d’Ypres.