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cherez se sont groupés des ecclésiastiques dont l’évêque de Soissons, Mgr Pechenard, des conseillers municipaux, quelques notables. De ce petit groupe Mme Mâcherez reste l’âme. Si la ville est journellement ravitaillée, si la famine et les barbares l’épargnent, c’est à leur effort persévérant qu’elle le doit.

Quand, le 12 septembre, la flamme tricolore remplace sur la ville reconquise les aigles humiliés, les épreuves de Mme Mâcherez ne sont pas terminées. Les Allemands, à Soissons comme ailleurs, font payer leur défaite par le bombardement. Soissons subit le même martyre que Reims.

C’est alors que la cathédrale est atteinte, que des quartiers entiers s’écroulent et que la panique reprend, plus grande que pendant l’invasion. Mme Mâcherez sait enrayer cette panique comme elle a su arrêter les envahisseurs. Elle exhorte, rassure ses concitoyens. Mieux, elle prêche d’exemple : Un jour pendant son déjeuner, elle est troublée par une explosion formidable. Un obus vient de tomber, démolissant une aile de la maison. Mme Mâcherez sort, se rend compte de l’importance des dégâts et rassurant ses hôtes d’un : « ce n’est rien ! » revient achever son repas.

Appuyée par les autorités militaires qui ont su apprécier ses qualités d’administrateur elle reste pendant la période critique le véritable chef de la ville. Elle détermine le boulanger à rester et à continuer son travail. Elle réquisitionne et met à l’abri un petit troupeau et le fourrage nécessaire pour le nourrir. Elle fonde pour préserver d’une mortalité menaçante l’enfance française,