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n’aient un jour, devant Yldiz Kiosk (27 juillet 1916), fait entendre leurs voix aux oreilles du Sultan pour réclamer la fin de leurs misères.

L’histoire des émeutes de femmes, seule manifestation sincère de l’opinion chez nos ennemis, sera à faire un jour. Nous sommes loin de les connaître toutes. Quelle n’a pas dû être l’impatience de celles qu’à travers de multiples voiles, nous pouvons pourtant apercevoir ! En France, ni aux jours sombres qui précédèrent la Marne, ni après nos déceptions diplomatiques, ni dans l’angoisse de Verdun, nulle protestation, nulle colère, nulle bruyante manifestation. La vie chère, elle-même, si gênante soit-elle, n’a pas fait sortir nos ménagères de leur calme habituel.

Chez elles donc, aucun changement d’attitude suivant les circonstances ; c’est sans joie comme sans faiblesse l’acceptation du fait brutal.

Les féministes ont été aux yeux du monde les interprètes qualifiés de ces sentiments.

L’attitude des groupes féministes, avant et pendant la guerre, est de tous points comparable à celle du parti socialiste. Jusqu’en août 1914, les féministes comme les socialistes étaient hostiles à la guerre et marquaient des tendances internationales, sinon internationalistes. Dans tous leurs congrès, la question du pacifisme était agitée.

C’est que, comme les socialistes, elles avaient encore de généreuses illusions. L’agression autrichienne et la duplicité allemande ont fait de tous les yeux, tomber les écailles et chez les féministes, comme chez les socia-