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D’innombrables femmes du monde en appétit de sacrifice tricotent éperdument créant aux vraies ouvrières une dangereuse concurrence. Sans s’effrayer de la complexité du problème, de courageuses féministes, Mme Kœchlin, Mme Duehesne, Mlle Thomson l’ont abordé.

Il faut déblayer la route. On représente aux femmes du monde que « si elles s’érigeaient en ouvrières de fortune au moment où le travail devenait rare, elles commettraient la plus mauvaise action qui soit ». La plupart d’entre elles le comprennent et abandonnent aiguille et écheveau.

La Française entreprend une campagne pour démontrer que celles-là seront loin de nager dans l’opulence qui ajouteront à l’allocation le produit de leur travail. Voilà bien des idées fausses redressées.

En même temps la Section du Travail du Conseil National crée dès le 10 août, une Union pour l’organisation du Travail. Il s’agissait de faire une remarque très simple : tous les éléments existent pour la reprise du travail, il faut seulement les coordonner. N’y a-t-il pas des ouvrières, quelque argent recueilli par souscription et une demande de travail anormale, émanant du ministère de la Guerre ?

Un projet est immédiatement élaboré auquel adhèrent 21 sociétés d’assistance par le travail. On s’occupe alors de former des contre-maîtresses, qui formeront à leur tour des ouvrières habiles. L’Intendance fait une commande de 30 000 chemises puis d’autres commandes bientôt portées jusqu’à 70 000 unités.