Page:Abensour - Les vaillantes, 1917.djvu/131

Cette page n’a pas encore été corrigée


au voyageur délégué qui les transmet au Comité central.

À Paris, trois Commissions fonctionnent : Vestiaire, Placement, Cours et Bibliothèque.

La première a pu distribuer dans les divers dépôts, 36 000 francs de vêtements. L’autre a, depuis le début de la guerre, placé des centaines d’Alsaciens. La troisième satisfait aux besoins intellectuels et moraux. Un peu partout on envoie des livres ; à Marseille, Privas, Angers, Nantes, on organise de petites réunions artistiques. À Brive, on organise une école pour les garçons et une école pour les filles. Ainsi peu à peu les Alsaciens-Lorrains se rattachent à notre vie française et « retrouvent le sentiment de l’affection que la France leur porte. » [1]

Nulle plaie sociale plus douloureuse en notre monde moderne que la misère des femmes qui travaillent. Combien la guerre dut-elle encore l’aviver ! Qu’on s’en rende compte en songeant que dès la mobilisation des milliers de femmes qui vivaient du salaire de leur mari se trouvèrent sans ressources et vinrent grossir de leurs rangs pressés l’armée des ouvrières ou des employées sans places. L’allocation, assez large pour les campagnes, trop maigre pour la ville, doit dans la pensée officielle, suffire à tout ; et pour qui travaille, s’évanouit.

  1. Signalons encore l’œuvre de la Serviette du Soldat fondée par Mme Henry-Nathan et qui, en corrélation avec un service du Ministère de la Guerre (Bains-douches pour le front) qui a distribué aux soldats du front, à leur grande satisfaction 140 000 serviettes et inculqué à presque tous le goût de l’hygiène.