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Suivons Mmes Wallerstein et Weiss, les principales organisatrices de l’œuvre. Dans une première salle une trentaine de personnes — dont quelques soldats car l’œuvre affiliée à la Croix-Rouge a désormais un caractère semi-officiel — sont occupées au classement des fiches où s’inscrivent la nature de l’envoi et le nom du prisonnier militaire ou civil.

D’immenses pièces, les « magasins » servent à la préparation des paquets. Ce service exige à l’heure actuelle la collaboration de trois cents femmes environ, toutes volontaires, bourgeoises ou mondaines donnent toute leur journée, et celles qui travaillent viennent offrir leurs rares heures de loisir aux poilus malheureux.

Le spectacle est réconfortant de cet atelier bénévole où, gaiement l’aïeule s’ingénie près de la petite fille aux cheveux dénoués.

Sous un volume restreint et arrangées avec une habileté digne de professionnelles, s’entassent les friandises qui adouciront autant que possible l’amertume de la captivité. Certains paquets dits de « type mixte » contiennent à la fois la nourriture et les vêtements.

Toutes les denrées sont achetées en gros par un spécialiste dont les organisatrices ont su s’adjoindre la compétence. Cette combinaison ingénieuse, comme la touchante solidarité des familles qui ont bien voulu faire don des uniformes de leurs disparus permet d’envoyer vêtements et victuailles à des prix très bas. Soigneusement emballés dans une toile solide et adressés par l’intermédiaire de la Suisse, les colis — il le faut dire bien haut pour rassurer les familles et montrer que nous