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prit presque seule d’abord, de leur venir en aide. Elle se fit marraine des poilus prisonniers et envoya tous les jours dans divers camps une vingtaine de paquets. Son entourage est sceptique. « Vous travaillez, lui dit-on, pour les Boches qui seront seuls à se réjouir des delikatesses que vous croyez adresser à vos filleuls. »

Lorsque Mme Wallerstein peut prouver que les paquets arrivent à destination et que c’est bien pour les Français qu’elle travaille, les adhésions arrivent et se multiplient. À Mme Millerand qui fournit la première souscription importante, au Marquis de Ségur, au baron d’Anthouard, se joignent bientôt Lavisse et Barrés, Bourgeois et Denys Cochin, l’archevêque de Paris et le Grand-Rabbin de France, toutes les confessions, tous les partis, manifestant une fois de plus l’Union sacrée. Comité de Patronage, comité de Direction se constituent ; au mois de mars 1915, des statuts sont établis et l’œuvre, devenue déjà importante, abandonne la maison de sa fondatrice et s’installe, 63, avenue des Champs Élysées, dans un superbe immeuble prêté par l’une des adhérentes, la Comtesse de Béarn.

L’œuvre s’intitule modestement « le Vêtement du Prisonnier de guerre. » Elle a une portée un peu plus vaste ; une visite à son siège social permet de s’en rendre compte.

Le vestibule est rempli de femmes qui sans interruption se succèdent, apportant l’adresse de leur prisonnier. À toute indigente, à toute allocataire un paquet est donné gratuitement tous les mois. Les autres payent suivant leurs moyens.