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chées. Puis elle fit annoncer que l’Union se chargeait de pourvoir de sous-vêtements chauds les soldats dépourvus.

Ceux-ci s’adressent de plus en plus nombreux à l’Union qui envoie vêtements, paquets, remèdes et douceurs. Et les soldats du Nord, longtemps isolés du monde s’y rattachent de nouveau. « Voici que tout à coup c’est grâce à vous, madame, écrit l’un des destinataires comme une manifestation de la famille. Ce n’est point seulement la touchante attention de la mère et de la femme qu’on retrouve, c’est encore celle de l’enfant… ces bouts de crayon, ces goûters… ces petits mots charmants arrachent des larmes à la plupart de ces hommes plutôt rudes comme les fait la dure existence de leurs mines ».

Voilà qui est bien fait n’est-ce pas pour donner un démenti à ceux qui accusent le féminisme d’amener la solitude du foyer. Loin de l’abandonner, ce foyer familial, les féministes veulent en faire parvenir l’image au moins dans les tranchées. Et elles restent l’âme de la grande famille.

Les soldats restés dans les dépôts, les convalescents sont également loin des leurs et cet éloignement est parfois pour eux une cause de troubles. Un fléau les guette : l’alcoolisme. Le gouvernement a pris, il est vrai, des mesures radicales. C’est bien, mais ne serait-il pas bon, pensent les féministes, d’attaquer le mal à sa racine ? De quelle façon ? eh bien ! comme l’avait développé fort justement M. Clemenceau dans l’une de ses conférences sud-américaines, l’alcoolisme dérive moins d’un besoin