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phes [1]. Et telles elles sont en effet, en dehors de toute vaine littérature. Quiconque a entendu les confidences des infirmières, des vraies, de celles qui ont trouvé leur vocation, a dû être frappé de la place immense que leurs blessés tiennent en leur vie, de la préoccupation constante qu’elles ont de leur donner plus que le nécessaire mais le superflu des gâteries maternelles, des attentions charmantes qui leur font oublier blessures et pauvreté. Par elles l’égalité parfaite est réalisée et tant qu’il n’a pas franchi les portes de l’hôpital, le plus pauvre peut se croire l’égal du plus fortuné. C’est la même affection chaude qui tous les enveloppe et c’est le sentiment de toutes ses camarades qu’exprime cette infirmière qui dans ses souvenirs d’hôpital appelle ses blessés « Nos fils » [2].

À sa première sortie c’est encore l’infirmière que le blessé trouve pour guider ses pas encore hésitants, c’est elle, quand ce n’est pas la marraine qui le promènera dans la ville inconnue et parfois, après avoir soigné son corps élève son esprit vers la beauté.

La Croix-Rouge a eu comme toute œuvre humaine ses faiblesses, ses insuffisances, ses ridicules ou plutôt il s’est trouvé parmi elle quelques personnes insuffisantes, faibles ou ridicules dont la présence éphémère ne diminue en rien le mérite de l’œuvre. Pour quelques femmes qui ont pu se montrer au-dessous de leur tâche, des centaines l’ont remplie pleinement. On se sent plein de respect devant l’immensité des efforts et des

  1. Spont : La Femme et la Guerre.
  2. Jack de Bussy : Réfugiée et infirmière de Guerre.