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Le Club monarchique porta plainte contre M. Victor de Broglie et les autres signataires, à propos de la lettre du 24 janvier 1791 (1). Cette plainte fut présentée devant plusieurs juges de paix ou commissaires de police. Quelques-uns refusèrent de la recevoir^Un, entre autres (2), déclara qu’il ne connaissait pas le club, et ne pouvait, par conséquent, recevoir la plainte de ceux qui s’en disaient les membres. Ce commissaire de police, nommé Matthieu Chiniac, refusa par écrit, le 21 février 1791.

Le Club publia un

« Discours prononcé au conseil municipal par les commissaires de la Société des Amis de la Constitution monarchique^ le 2i février 179i.

« Messieurs,

« Instruits par l’arrêté du corps municipal, qui ajourne la décision relative à la Société des amis de la constitution monarchique, ses commissaires viennent invoquer votre justice. « Libres par la loi, inattaquables devant la loi, nous pourrions sans doute user de la liberté qu’elle nous assure ; mais les véritables amis de la liberté, les véritables amis de la loi savent faire des sacrifices à l’ordre public, et demeurer quelque tems en deçà de leurs droits.

« Cependant, messieurs, il est un moment où le sentiment de ses droits, où la conscience de ses intentions rend tout à fait insupportable le poids de la persécution, et où ce seroit abjurer la liberté que de céder à l’injustice.

« Nous ne sommes que calomniés ; il n’existe contre nous ni accusation légale, ni accusateur responsable. Des citoyens prévenus ont accueilli des bruits absurdes ; et l’impossibilité de fournir des preuves n’est que trop démontrée par la lenteur que l’on met à répondre à vos demandes. Cependant, des affiches scandaleusement multipliées nous désignent au peuple comme des conspirateurs ; et si ces tables de proscription, où nous sommes nominativement inscrits, n’ont pas encore appelle [sic) sur nos têtes les vengeances populaires, nous le devons à la modération du peuple et à l’invraisemblance des calomnies.

« Nous vous supplions, messieurs, de hâter l’instant qui doit fixer l’opinion publique.

(1) Voir plus haut, p. 200 et suiv.

(2) Commissaire de police de la section de la Croix-Rouge.