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Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/217

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CLUB MONARCHIQUE

impose ; car ce n’est pas le joug des loix, c’est celui des tyrans, des factieux que je ne subirai jamais.

« Je ne sais si le tumulte des camps et le bruit des armes présentèrent jamais |àlus d’alimens à la discorde que ces scènes affreuses, où les représentans du peuple, unissant leurs cris et leurs applaudissemens à ceux des spectateurs, accueillent avec des transports de joie, quoi ? un acte d’humanité, de justice et de bienfaisance ? non : des paroles de sang, des calomnies et des outrages à ceux qu’on opprime î

« Vous Voilà donc, François, obligés de vous affilier tous au club des Jacobins, sous peine d’être traités en ennemis de la constitution. Et vous, membres de la société monarchique, qui avez osé rivaliser avec le club dominateur, et qui, déjà chassés d’un quartier dans un autre, interdits par la municipalité, n’avez obtenu votre réhabilitation qu’en vous soumettant humblement au plus rigoureux examen, vous voilà dénoncés par M. Barnave comme des hommes perfides, insidieux, dish^ibuant m i.r pauvres lui pain empoisonné. « Si huit ou neuf cents citoyens, du nombre desquels j’ai l’honneur d’être, ainsi traités à la grande satisfaction des tribunes et de la majorité de l’Assemblée nationale, n’obtiennent pas la réparation de cette injure, M. Barnave me permettra de lui demander ce qu’il appelle la constitution, l’heureuse révolution, et surtout la liberté. « Il étoit de droit, ou du moins d’usage, que je n’eusse pas le droit de lui répliquer ; mais il seroit plus difficile de m’empêcher de dire à toute la France que si la nation ne peut former qu’un seul club, sous la présidence de M. Barnave, en conséquence des droits de l’homme, je demande à n’être pas de ce club ; si, au contraire, il est permis à la nation d’en former deux, je suis de l’autre ; et malgré la dénonciation et le comité des recherches, que je n’aime point, mais que je ne crains pas davantage, j’assisterai à ce club monarchique plus assiduement que par le passé, si on ne nous interdit pas le feu et l’eau.

« Je ne sais ce que signifie cette histoire de pain distribué aux pauvres, dont on a fait tant de bruit : s’il en a été question dans une séance publique, je n’y étois point ; si ce sont les commissaires de la Société qui ont fait l’aumône en son nom, je ne suis pas du nombre des commissaires ; mais comme je connois parfaitement leur honnêteté, et l’esprit de la Société, et sa très modique recette, je déclare que c’est une horrible imposture que de soutenir que la Société ait fait distribuer du pain à des milliers d’ouvriers : on en porte le nombre à trente mille.