Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/174

Cette page n’a pas encore été corrigée


Mais si le doute existe à propos de Fontanes, il est certain que ce premier numéro contint des articles de Clermont-Tonnerre et de Mathieu ; que le n" 3 contint un article de M. Hautefort. Le 17 décembre 1790, Clermont-Tonnerre prononça dans la Société un discours, dont les membres du Club décidèrent l’impression dans leur journal (1). Il était le patron actif du club, où son talent de parole lui donnait une place tout à fait prépondérante. Son libéralisme s’évanouissait peu à peu, et le peuple parisien le rendit en quelque sorte responsable des incidents qui suivirent. Dans sa séance du 18 décembre 1790, le Club monarchique établit une caisse à l’effet de pouvoir distribuer aux pauvres, dans les sections, du pain à un sou et demi la livre.

On peut lire encore dans le prospectus du Journal de cette société une afhrmation du but qu’elle se proposait : « La Société des Amis de la Constitution monarchique a des principes invariables, et ne se découragera pas. « Le moment où se sont manifestées des opinions dangereuses pour l’autorité légitime du Roi et de la Constitution monarchique décrétée par l’Assemblée nationale, a été celui de sa naissance. Des efforts constants pour la propagation des bons principes, et l’établissement d’une correspondance suivie avec un grand nombre de citoyens, amis de l’ordre et de la liberté, ont été ses premiers travaux,

« Aussi loin des préjugés de l’ancien régime que des passions des novateurs, la devise de ses membres est : lihertr et fidéliir. « Ils regardent comme la loi des Français la Constitution par laquelle il est établi que :

« Le Gouvernement français est monarchique ; qu’il n’y a pas en France d’autorité supérieure à la loi ; que le Roi ne règne que par elle ; que ce n’est qu’en vertu des lois qu’il peut exiger r obéissance ; « La Constitution par laquelle

« L’Assemblée nationale a reconnu et déclaré comme points fondamentaux de la monarchie, que la personne du Roi est inviolable et sacrée ; que le trône est indivisible, ei que la couronne est héréditaire dans la race régnante, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, à l’exclusion absolue des femmes et de leur descendance.

« S’il se trouvait des décrets dont les dispositions semblassent contraires à l’intérêt public, c’est des seuls moyens légaux et consti- [1]

  1. (1) Clcriuont-Tonncrrc, Opinions et discouru, t. IV, p. 28 et suiv.