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Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/155

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CLUB MONARCHIQUE

vite que ce qui n’étoit pas digne d’être écouté par la Nation avec faveur, pouvoit fort bien être, au moins, inutile à dire, et il a fermé son Église aux Députés et aux auditeurs.

« Ces Députés, qu’un zèle ardent distingue, ont pris le parti d’abandonner le quartier Saint-Honoré, où ils se trouvoient pressés entre l’Assemblée nationale et le Club des Jacobins ; ils ont passé l’eau, et ils sont allés se ranger en Sorbonne, sous l’ombre du célèbre Cardinal de Richelieu, qu’on a soupçonné bien à tort d’être antiché [sic] d’aristocratie, tandis qu’il est de fait qu’il n’a jamais été que despote. »

Un papier public rend compte, en ces termes, de la séance tenue cette nuit par la minorité dans une des salles de la Sorbonne. Nous sommes obligés d’avertir nos Lecteurs que nous croyons ce procèsverbal un peu apocryphe ; quoi qu’il en soit, le voici : « Cejourd’hui, 21 avril 1790, à 11 heures du soir, se sont assemblés en la ville de Paris, maison de la Sorbonne, les zélés et bons citoyens partisans de la cause juste, restes des infortunés des fidèles sujets du Roi et de la Monarchie, qui renouvellent ici leur serment de résister jusqu’au dernier soupir aux innovations désastreuses qui tendent au renversement de l’Empire. Protestant contre tous les décrets de l’Assemblée nationale, et notamment celui du 14 du courant, qui spolie le clergé, le regardant comme impie, sacrilège et attentatoire à ses droits sacrés.

« Après cette profession de foi, le Président, qu’on dit être i’Évêque de N..., a dit : « Messieurs, je ne conçois pas comment vous avez pu imaginer qu’il fût nécessaire de lire à Paris publiquement vos protestations déjà rédigées. Envoyez bien vite cette pièce précieuse dans les Provinces, et hâtez-vous d’éclairer le Peuple sur l’injustice qui nous accable... Ne négligez pas plus longtemps de lui ouvrir les yeux, et que dans son indignation il punisse ses instigateurs des fautes qu’ils lui ont fait commettre. »

« Un autre Membre étoit d’avis qu’à la protestation fussentjointes des instructions pour tous les Curés et Prêtres du Royaume, avec injonction de déployer toute l’autorité de leur ministère pour forcer les âmes chrétiennes,.. L’opinant étoit un Archevêque. « Un Vicomte a répliqué : Ce que vient de dire le préopinant n’a pas le sens commun. — Pardon, Messieurs, vous parlez d’injonction lorsque le frein de l’obéissance est rompu, et vous voulez faire prêcher les Curés, tandis qu’on brûle les Presbytères ! « Je pense comme M. le Vicomte, a dit un autre Membre ; il n’est 10