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Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/139

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CLUB DES IMPARTIAUX

lementaires, qui avaient, depuis deux ans, l’habitude de s’assembler pour parler politique, louèrent à Viroflay, au bout de l’avenue de Versailles, une maison où ils tinrent une sorte de club qu’on appelait Club de Viroflay. Clermont-Tonnerre était l’un d’eux, Clermont-Tonnerre dont il sera beaucoup parlé.

En 1789, on placarda dans les galeries du Palais-Royal une affiche portant que les rois, en France, « ne tenaient leur couronne que de Dieu et de leur épée. >»

Le royalisme s’agita, à mesure que le tiers état prit plus de consistance. A peine les députés de la Constituante eurent agi au nom de la Nation, eurent placé, dans leur devise, la Nation avant la Loi et le Roi, répétons-le, que le système réactionnaire commença d’être appliqué, que nombre de nobles et de prêtres se réunirent pour prendre la défense du trône et de l’autel, soit par conviction, soit par intérêt. 11

La réunion des trois ordres fit accentuer la résistance des privilégiés ; la prise de la Bastille les exaspéra. Les uns pensèrent à émigrer, les autres à lutter contre les patriotes dans l’intérieur du pays, à Paris et en province. Déjà, alors, plus d’un modéré, craignant les conséquences de la Révolution qui s’accomplissait, s’efforçait d’obtenir avant tout la sécurité publique, et l’Assemblée générale des électeurs parisiens recevait des adresses de province pour activer son zèle (1).

Ladite assemblée, le 26 juillet de la même année, 1789, reçut d’un sieur de Maille, avocat au Parlement et fils du lieutenant-général de Laon, une lettre qu’elle transmit à La Fayette pour l’informer « que le parti aristocratique était loin de se croire terrassé et méditait sourdement une seconde trame, non moins odieuse que la première... »(2). On parlait d’une tentative des aristocrates contre Paris, machinée par le comte d’Artois, 1« prince de Condé, le prince de Lambesc et le maréchal de Broglie (3).

Vingt jours auparavant, Clermont-Tonnerre avait écrit, de Versailles, une pièce adressée Aux nobles de Paris^ signée par le duc de La Rochefoucauld, le marquis de Montesquiou, le comte de Roche- [1]

  1. (1) La garde natioualo remplit le rôUî de défenseur de l’ordre et de la tranquillité publique. (2) C.h. L. Chassin, Les Élertions et les Cahiers de Paris en I7S.9, t. III, p. 611. (3) Andi. Nat., C 134 (dos. 14), indiquée par M. Alexandre Tuetey.