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en général, nous n’aimons point l’impétuosité, la précipitation, la colère, dans les fonctions législatives. — Nous sommes plus disposés à absoudre qu’à condamner, à concilier qu’à diviser. Le comité des recherches, et tous les complots qu’il a imaginés, ou découverts, ou poursuivis, nous paraissent d’absurdes et d’iniques moyens de régénération. Nous travaillerons à faire disparaître cette page de notre histoire.

« Lorsqu’on nous dénoncera une cocarde noire, nous lèverons les épaules.

« Nous ferons établir, aussitôt que nous le pourrons, un poteau à carcan pour les libellistes, sans entendre proscrire les plaisanteries aimables qu’on pourrait se permettre sur notre compte. — Mais toute espèce d’imposture est un poison pour le peuple, et la grossièreté une chose dégoûtante pour les honnêtes gens. « Du reste, amis de la paix, nous abandonnons le fauteuil et toutes les dignités auxquelles on parvient par la combinaison des nombres ; et notre bataillon sera toujours prêt à s’ouvrir pour recevoir un aristocrate pénitent ou un enragé converti.

« Nous ne faisons point serment de nous lever ou de nous asseoir au commandement d’un officier-major qui fait faire l’exercice à la Prussienne ; fidèles à nos principes, s’il plaisait aux parties adverses de les adopter, "et aux alliés de les oublier, ou si, dans les articles imprévus, nous apercevons tort ou raison dans l’une ou l’autre extrémité de la salle, nous refuserons le salut au tort, et nous ferons la révérence à la raison.

« Apprenez maintenant, amis de la paix, que telle est notre conduite depuis le o mai, sans nous en être écartés un instant, et qu’auparavant, il n’y a pas un de nous, véritables impartiaux, qui eût fléchi le genou devant le véritable despotisme ; tandis qu’on assure que plusieurs hommes, libres d’hier, faisaient fonctions d’esclaves avant hier.

« Or donc, amis de la paix, laissez là la brochure du jour, même celle-ci, qui vaut peut-être mieux qu’une autre ; prenez vos cannes et vos chapeaux, sans oublier la cocarde, et allez-vous-en de rang en rang, de place en place, pour nous chercher d’honnêtes gens ; montrez-leur nos conditions, nos principes, et dites, avec assurance : Là l’U la paix, la justice, la vérité ; bonnes gens, ralliez-vous à ces enseignes.

« Dites aux officiers municipaux, aux comités permanens, aux gardes nationales, qu’il y aura toujours des sottises, mais qu’il n’y a plus de complots redoutables ; (pi’il faut que les vaincjueurs et les