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Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/118

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demanda la suspension de Pétion et de Manuel, et devint très impopulaire (l’i.

VII

Un mouvement pacifique de modérés se produisait partout, dans les écrits et dans les paroles. Mais les haines se multipliaient. Servan, avocat général du parlement de Grenoble, avait refusé, pour cause de santé, le litre de député aux États-Généraux. Il publia, en décembre 1789, une brochure (in-S" de 68 pages) intitulée : Adrcs^p niix A^nis de la paix, coïncidant avec son Essai sur la formation des Asseinhlres nationales, provinciales et municipales. Le 2 janvier 1790, parut une Lettre des Impartiaux aux Amis de la paix :

« Chers camarades, vous êtes ce que nous sommes, et nous sommes ce que. vous êtes ; vous voulez la paix et la liberté ; nous voulons la liberté et la paix. Mais notre ami, M. Servan, a oublié de nous dire par quelle voie raisonnable on y arrivait ; et, s’il est impossible de rien ajouter à la pureté de ses vues, à la sagesse de ses observations, au charme de son style, il est très nécessaire de vous conduire au but plus directement, et sans perte de temps. <( Il convient d’abord que vous sachiez, amis de la paix, que nous, les Impartiaux, qui avons l’honneur de vous écrire, formons la plus malheureuse portion de l’Assemblée nationale. — Nous avons débuté par être également détestés des démocrates et des aristocrates ; car vous n’ignorez pas, amis de la paix, que les hommes passionnés ont une singulière aversion pour les hommes modérés ; ceux d’entre nous qui ont essayé de développer leurs principes ont été sur-le-champ dénoncés au peuple comme ses ennemis, aux jolies femmes comme des hommes sans moyens, et les beaux esprits n’ont pas manqué de nous ranger à une grande distance des temps héroïques où nous sommes parvenus. — Les francs aristocrates n’avaient pas pour nous moins de mépris ; et, si la fortune avait favorisé leurs armes, nous aurions été traités comme les Tartares de l’armée vaincue. — Messieurs les ministres, et gens de la cour, ne faisaient pas plus d’attention à notre modeste bataillon, et nous n’avons eu nouvelle de notre importance qu’en nous voyant inscrits dans les listes de proscriptions.

« Il faut cependant vous avouer, amis de la paix, qxu’. sans nous (1) Massacré à Gisors en 1792.