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Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/107

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INTRODUCTION

« AVIS AU PUBLIC

« Changement de domicile.

« Les ci-(ievanl enragés de rassemblée préviennent Messieurs et dames de la nation, qu’ils s’assembleront dorénavant au couvent de«  Jacobins, à la salle des anciens ligueurs, près la cellule de saint Jacques-Clément, leur patron ; et, quittant le nom d’enragés, ils s’appelleront désormais Jacobites ; ils ne répondront qu’aux adresses qui leur parviendront sous ce nom. »

« Nota. — Le cabinet du président est dans la cellule de feu Jacques Clément. »

« ... Il n’est pas besoin de faire de commentaire sur cette impartiale plaisanterie, qui paroit avoir été conçue au même moment où les aristocrates se transferoient des Grands-Augustins à la rue de la Michodière (1). »

Les Impartiaux publièrent nombre de brochures contre les Jacobins, qu’ils accusèrent d’avoir des correspondants attitrés dans les provinces. Les Jacobins et les amis de la Révolution, à leur tour, appelèrent les Impartiaux Malouelistcs^ du nom de leur président, Malouetistes ou Malouetins. Ceux-ci formaient un club « que son nom seul, dit le marquis de Ferrières, rendait suspect aux aristocrates », et qui, « attaqué lui-même comme aristocrate masqué, par les Jacobins, quoique composé des hommes les plus probes et les plus instruits de l’Assemblée, ne put soutenir la concurrence (’2). » D’autre part, les Actes des A-pôtres proposèrent un jour de changer le nom de la Rue des Deux-Portes en celui de Rue des Impartiaux. Et nous lisons, dans un Avis aux aristocrates du côté droit, par un Démocrate du côté r/auche (3), les lignes suivantes : « Je vous ai abandonné pour me ranger dans le parti des impartiaux. Je n’y suis pas resté longtemps, parce ({ue j’ai toujours ouï dire qu’il falloit être quelque chose, et que je n’ai pas tardé à voir qu’ils n’étoient rien. Je me suis ennuyé de n’avoir jamais que des avis dictés par les circonstances. »

Claude Redon, député de Riom à la Constituante, un des fondateurs <les Impartiaux., votait généralement avec la droite ; il signa notamment la protestation du Ii2 septembre 1791 contre la Constitution, (1) Héoolulions de I-aris, n° 30.

[1) Mémoires de Ferrières, t. II, liv. viii. ( :!) Brochure iii-8’ (7 i).). lUb. de la Chambre des députés. IJ<"’, 222 (t. LV). 7