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… Quand je revins à moi, Thérèse était à genoux devant mon lit, pleurant à chaudes larmes, tenant une de mes mains et la couvrant de baisers : « Que madame me pardonne, je n’y pouvais plus tenir… depuis huit jours… Madame est si jolie, si charmante… Madame va peut-être me chasser demain… bien sûr… mais que madame me pardonne… »

Tout cela était dit d’une voix douce, entrecoupée de sanglots qui me remuaient. De mon lit, je voyais encore ses seins magnifiques, dont je ne pouvais détacher mes yeux.

— Mais non, Thérèse, fis-je en me mettant aussi à pleurer, je ne vous chasserai pas… Levez-vous… vous voyez bien que je ne vous en veux pas… venez m’embrasser.

Elle ne se le fit pas dire deux fois : rapide comme une flèche, elle se jeta comme une louve sur ma bouche que je lui tendais et où, cette fois, elle enfonça une langue pointue que je suçai à mon tour avec avidité, pendant que sa main recommençait son jeu, sans la moindre résistance de ma part.

Elle la retira pourtant pour me saisir la tête à deux mains, baiser mes yeux encore humides, me sucer le bout des seins, me peloter de mille façons, et je lui rendais ses caresses, autant que ma position me le permettait. Car elle était toujours à côté de mon lit, penchée sur moi, soutenant ma tête qui était presque dehors. Elle avait, sans que je m’en aperçusse, dénoué le cordon de sa jupe qui avait glissé sur le tapis, et je voyais, par le haut de sa chemise, tout son beau corps qui frémissait de désir et de volupté.

— Bien vrai, chère madame, que vous me pardonnez, que vous me laisserez vous aimer, vous caresser ? Oh ! je vous aime… je vous adore… bien plus que si vous étiez un homme…

Et elle caressait ma poitrine, le ventre, revenant à mon bouton qui se dressait, impatient d’une nouvelle jouissance.

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