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les patrons se chargent eux-mêmes de la construction des habitations ouvrières, sans le concours de l’Etat.

Une autre cause réside dans le refus trop souvent constaté des caisses d’épargne ou des municipalités d’aider le mouvement en faveur de la petite propriété et de l’hygiène des habitations. C’est ainsi que la ville de Tours a refusé une subvention annuelle au Comité de patronage d’Indre-et-Loire, subvention qui aurait été employée pour encourager l’assainissement des habitations insalubres.

Mais le grand obstacle est encore l’ignorance et parfois l’insouciance de l’ouvrier. C’est pourquoi il est nécessaire de faire une propagande très active par des brochures, des affiches, des conférences. Le comité des Bouches-du-Rhône a institué une chaire ambulante de la prévoyance sociale ; ceux de la Seine et de la Seine-Inférieure s’apprêtent à le suivre dans cette voie.

Le Comité de la Seine-Inférieure a, de plus, commencé à faire connaître dans les écoles les avantages réservés aux habitations à bon marché. Il y a là une heureuse initiative qui portera ses fruits : elle mériterait d’être suivie. D’autres comités, en plus grand nombre, ont publié des brochures diverses ; parmi les plus intéressantes, on peut citer celles de l’Aisne, l’Aube, la Haute-Marne. À Caen, le comité fait distribuer aux jeunes époux, le jour de leur mariage, une brochure qui contient d’utiles indications sur tout ce qui a trait à la prévoyance, en particulier sur l’hygiène de la personne et des nouveaux-nés, de l’alimentation et de l’habitation,

À côté de ces circonstances générales, quelques comités estiment que les maxima de valeurs locatives des habitations sont trop bas. Très souvent, dans certaines petites communes de la banlieue des villes, les terrains sont assez chers, et le prix de revient des constructions est plus élevé qu’en ville par suite des frais de transport plus considérables. El pourtant, il arrive couramment que, suivant le chiffre de la population, la valeur maxima d’une maison pour que celle-ci puisse bénéficier des avantages de la loi de 1906, ne dépasse pas 2.500 à 3.000 fr.

D’un autre côté, il est à remarquer que le versement du cinquième exigé de l’ouvrier pour avoir droit au prêt des caisses de crédit immobilier est assez élevé : dans les villes, il atteint couramment 1.000 francs. Or, s’il se rencontre assez fréquemment des familles ouvrières possédant 500 ou 600 francs en dé-