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tion de la loi du 8 avril 1908 a également préoccupé les comités de patronage, malheureusement leurs efforts ont rarement été couronnés de succès.

Une des grandes difficultés que signalent les Comités de la Somme et de la Seine-Inférieure consiste dans l’importance du capital exigé pour ces sociétés (200.000 fr. dont 1/4 au moins versé) ; ce chiffre, pour certaines régions, semble trop élevé. Malgré ces obstacles, des sociétés de crédit immobilier se sont déjà constituées dans les grands centres industriels, notamment dans les Basses-Pyrénées, la Gironde, la Haute-Marne, le Haut-Rhin, le Nord, le Pas-de-Calais, la Seine. Dans la Somme, les 3/4 du capital ont pu être réunis, et le Comité espère pouvoir bientôt créer une société de ce genre ; il en est de même dans la Seine-Inférieure. Mais dans l’Allier et l’Ariège, toutes les tentatives ont, jusqu’à présent, échoué.

Pour remédier aux difficultés matérielles de création d’une société de crédit immobilier dans certains départements, le Congrès de Paris des 15 et 16 janvier 1910 a émis le vœu que les sociétés de crédit agricole soient autorisées à emprunter à l’Etat au taux réduit de 2% et à consentir des prêts aux sociétés d’habitations à bon marché uniquement en vue de l’achat de champs ou d’habitations rurales.

Enfin une initiative qui s’est manifestée dans un grand nombre de comités, au moins dans ceux dont les ressources sont suffisantes, consiste à organiser, entre architectes, des concours de plans et devis pour habitations à bon marché. À Lyon, par exemple, le concours organisé en 1910 a obtenu un grand succès. Il en est de même à Rouen, Béziers, etc. Le Comité de la Seine a organisé en décembre 1909, janvier 1910, un concours sur les parties qui constituent l’habitation et la rendent « solide, commode, agréable, économique ».

Il est cependant un fait à signaler, et qui aurait pu porter singulièrement obstacle à l’essor remarquable qu’a pris la construction d’habitations à bon marché. Par suite de l’augmentation très faible de la population en France, le nombre des logements actuels est presque suffisant (sauf dans les grandes villes où la population ouvrière s’entasse dans des immeubles souvent trop petits), et le besoin de constructions nouvelles ne se fait pas sentir. Il faut donc, ou exproprier les logements insalubres, qui constituent de véritables foyers de la tuberculose, ou les améliorer au point de vue de l’hygiène.