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tence dans la société moderne, sans cesse plus dense, plus complexe, plus éloignée de la nature. Combien de fléaux, combien de tares physiques et morales n’ont d’autre cause que le milieu anormal créé à l’homme par le tassement social ! À ces maux, nés de la vie en collectivité, il faut opposer la volonté, la pensée et la force de la collectivité.

L’Alliance d’hygiène sociale se propose donc de provoquer, d’encourager et de soutenir toutes les initiatives particulières qui peuvent s’employer à rendre le corps social plus sain et plus vigoureux. Elle s’intéresse ardemment à la lutte contre la tuberculose, l’alcoolisme, la mortalité infantile ; elle poursuit l’amélioration du logement et de l’alimentation, le développement de la mutualité. Son désir est de seconder les efforts de toutes les œuvres de perfectionnement matériel et moral, Musée social, Sociétés d’enseignement, Institutions de prévoyance. Elle suscite ou accepte tous les concours utiles à l’exécution de son programme ; elle cherche à faciliter le groupement des bonnes volontés, la création d’Associations locales ou régionales et de Fédérations. Dans toutes les grandes villes où elle tient ses Congrès, elle espère laisser ainsi des tracés durables de son action ; mais elle met aussi à profit les enseignements qu’elle y trouve ; elle étudie les œuvres philanthropiques dues si souvent à d’ardents dévouements ou à la sagesse éclairée de bienfaiteurs parfois trop modestes ; elle les fait connaître et elle augmente ainsi leur effet utile et leur précieux rayonnement. Je sais qu’à Roubaix nous aurons ainsi plus d’une occasion de nous instruire et qu’il est peu de grands centres dans lesquels l’activité des idées ait été plus intense, les réalisations plus nombreuses ; aussi serons-nous reconnaissants de toutes les communications qui pourront éclairer le Congrès à cet égard.

L’Alliance, comme on l’a déjà dit, veut lutter contre tous les maux sociaux, qu’ils soient le fait des fautes personnelles de l’individu, de l’ignorance collective ou de la mauvaise organisation des groupements humains. Elle doit être à la fois un laboratoire d’idées, un foyer de propagande, un instrument d’organisation. Contre tous les risques et tous les dangers de la vie sociale, elle doit se dresser comme une institution de prévoyance et de préservation, un véritable dispensaire d’idées et de leçons de choses.

Dans l’un de nos derniers Congrès, M. Léon Bourgeois s’ex-