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A VINGT-TROISI�ME NN�E

N� 7997.

L BUREAUX POSTE DE ONS’ABONNEBUREAU JOURNAL, RUE FAUBOURG-MONTMARTRE, T DANSOUS ES DU DD E T AU APARIS, 10,

MARDI 20 MARS 1883.

PRIX DE L’ABONNEMENT

Trois mois, 14 fr.� �Sixmois, 38 fr.� Un an, 56 PARIS. 68 D�PARTEMENTS. 1*7 fr. 34 fr. DATENT DESiw ET 16 DE CHAQUE OIS M LESABONNEMENTS Un num�ro Directeur (� Paris) liS centimes fr. fr,

PRIX DE L’ABONNEMENT PARIS Troismois,14 fr. Sixmois,�8 fr.� Un an, 56 fr. D�PARTEMENTS. l1 ? fr. 34 fr. 68 fr. LESABONNEMENTS DES DATENT 1erET16DECHAQUE MOIS TJn �mm�ro 2O centimes.’ (d�partements) ANNONCES MM, Laffite, CERFET Ce, 8, place de la Bourse. (Droit d’insertion r�serv� � la r�daction.) 10, rue du Faubourg-Montmartre, PARIS

politique

Adrien H�brard communiqu�s PARIS

La r�daction ne r�pond pas des articles BUREAUX

10, rue du Faubourgr-Montmartre,

BUREAUX

� :�

PARIS,

19 MARS

BULLETIN

DU

JOUR

Deux �lections l�gislatives, ont eu lieu hier ; la premi�re.dans l’arrondissement de Nogentsur-Seine (Aube), o� M. Casimir-Perier, qui avait donn� sa d�mission dons les circonstances que l’on sait, et dont la candidature avait �t� pos�e et maintenue malgr� son refus, a �t� �LECTIONS l�gislatives DU 13 MARS r��lu par plus de 5,000 suffrages sur 9,000 votants et environ 11,000 �lecteurs inscrits ; la se� AUBE ’* conde dans l’arrondissement de Figeac (Lot), Arrondissement de Nogent-sur-Selne o� il y a lieu � ballottage : Dans les deux cirlieu exclusivement 9.190 Inscrits 10.984 -Votants conscriptions, la lutte avait *�*< entre r�publicains. MM. Casimir-Perier, r�publicain 5.263 Elu. 3.508 Charonnat, intransigeant. du 18 mars s’est pass�e dans le La journ�e 11salissait de remplacer M. Casimir-Fener, d�misgrand calme ; � Paris comme dans les d�- sionnaire, on s’en son vient, � la veille du vote de la loi plus in- sur les princes. Bien que M. Casimir-Perier e�t refus� parlements, l’anniversaire du mouvement et soutenue formellement, sa candidature a �t� surrectionnel de 1871n’a �t� troubl� par aucun par le comit� ’d'Union r�publicaine pos�e circonscripde la d�sordre public. Les r�volutionnaires de toutes tion. Il avait �t� r��lu, le 21 ao�t 1881, par 6,753 sufcouleurs et de toutes d�sinences ont suivi le frages, contre 1,943 donn�s au candidat de l’extr�me gauche. mot d’ordre d’abstention donn� par leurs comiLOT t�s et par leurs journaux ; c’est au huis clos des de Figeac Arrondissement r�unions et des banquets que les orateurs du la Inscrits 25.529 Votants 20.908 parti ont glorifi� la Commune et demand� 8.751 voix MM. Calmon fils, r�publicain t�te des bourgeois. .a6.542 Rozi�res, r�publicain Nous avons signal� � nos lecteurs les articles 5.416 Soulhac, r�publicain Nouvelle Presse libre poussait (Ballottage) dans lesquels la Roumanie � r�sister aux d�ciouvertement. la Il n’y avait pas de candidat r�actionnaire. Il s’agissait de remplacer M. Teilhard, d�missionsions de la conf�rence et r�clamait une entente avait �t� r��lu, le 21 ao�t 18S1, par 13,054 qui directe entre les cabinets de Vienne et de Bu. naire, sans concurrent. voix. carest, en d�clarant le trait� de Londres nul et non avenu. Ce langage et les commentaires qu’il a provoqu�s dans la presse europ�enne paraissent avoir caus� une certaine �motion � La psychologie du terrorisme est difficile � la chancellerie austro-hongroise Notre cor- �tablir. Nous entendons par terrorisme cette respondant viennois, dont les informations m�- nouvelle forme d’attentat dont l’explosion de ritent toute confiance, nous a formellement d�- Londres vient d’offrir le type caract�risticlar� que la doctrine pr�ch�e par la Nouvelle que. Ce n’es* plus du tout l’ancien crime Presse libre ne doit point �tre confondue avec politique. Un souverain inqui�tait-il la foi du l’opinion gouvernementale. Des renseignesectaire, ou faisait-i, obstacle � la r�alisation ments, que notre correspondant dit avoir pui- de l’id�al r�v� par l’utopiste, il se trouvait des s�s � une source absolument autoris�e, lui ont Ravaillac ou des Alibaud pour �carter d’un a permis d’affirmer que le cabinet autrichien coup de poignard ou d’un coup de feu le per�t� anim� du d�sir le plus sinc�re et toujours sonnage sur lequel se concentrait la haine le plus vif de voir la conf�rence aboutir et monomaniaque Ou bien on en voulait � un faire oeuvre viable. Le gouvernement de l’em- r�gime, et l’on avait recoure � l’insurrecpereur Fran�ois-Joseph a �puis�, dans ce but, tion, c’est-�-dire � la guerre civile avec toutes la somme d�s concessions possibles, et c’est ses horreurs, mais dissimulant les maux qu’elle dans ce sens qu’il faut interpr�ter son adh�sion entra�nait sous les apparences chevaleresques au trait� de Londres. Il consid�re cet instru- de la lutte ouverte et des danger ? courus L’atment diplomatique comme la base d�finitive du tentat politique, il faut le reconna�tre, s’est de droitinternational dans la question danubienne ; tout temps montr� peu �conome de la vie des il reconna�t � l’Europe seule le droit d’y porter citoyens. Les chefs de la r�volte arm�e n’ont la main pour en abroger ou en modifier les pens� aux morts et aux bless�s et il r�pudie la pens�ede lui substi- pas plus laisser derri�re leurs barricades qu’ils dispositions allaient que tuer une convention directement conclue avec ne fait un g�n�ral d’arm�e au moment o� il la Roumanie � l’exclusion des autres puis- donne le signal lu combat. Les r�gicides n’ont sances. pas eu plus de scrupules. La machine infernale des journaux officieux autrichiens Le langage de Fieschi, la bombe d’Orsini ne devaient atconfirme les informations de notre correspon- teindre Louis-Philippe et Napol�on III qu’en dant. Le Fremclenblatt, la Presse et le Lloyd de. sacrifiant beaucoup d’autres personnes avec Pesih soutiennent simultan�ment la th�se qu’il eux. Il n’en reste pas moins vrai que ces crimes nous indique. Il faut en conclure que le cabinet sont Le fanatisme politique intelligibles. austro-hongrois a tenu, par un d�saveu formel, a �t� assez r�pandu sous la monarchie de Juil� d�gager sa responsabilit� de la campagne di- let et sous l’Empire pour qu’un grand nombre par la Nouvelle Presse libre. Les d�clara� rig�e de contemporains eh aient connu des twtompioo, fait formuler par ses organes se- en aient vu l’exaltation, en aient entendu le tions qu’il a ront accueillies avec satisfaction en Europe et les projets et, le fanatisme �tant surtout de nature � faire langage on elles nous paraissent donn�, comprend qu’il mette sous les pieds � Bucarest, en montrant aux hom- toute autre consid�ration impression pour atteindre ce roumains que le concert qui s’est mes d’Etat comme un but glorieux. C’est � Londres entre les puissances ne qu’il. regarde manifest� m�me l�, il n’en faut pas Jouter, ce qui a port� court aucun risque. Les pl�nipotentiaires euro- le l�gislateur � faire du crime politique un p�ens ont d’ailleurs eu la pr�voyance courtoise crime � part. On lui accorde des circonstances de r�server � la Roumanie’ la possibilit� d’une att�nuantes, non que ses cons�quences ne soient adh�sion posthume. Le Lloyd de Pesth nous pas souvent plus terribles que celles du vulapprend, en effet, que lord Granville, avant la gaire attentat’ contre les personnes, mais on cl�ture de la conf�rence, s’est fait formellement trouve une sorte d’excuse dans la nature des autoriser � convoquer encore une fois la r�upr�occupations qui assi�gent le cerveau du nion,etrien n’emp�cherait les puissances d’appe- coupable. Le but ne sanctifie pas les moyens, ler la Roumanie, celle-ci de se faire repr�senter � car le but est des plus discutables, mais le but cette derni�re s�ance. On sait que la conf�rence .n’est pas criminel par lui-m�me, il n’est pas a laiss� un d�lai de six mois ouvert � la ratifi�go�ste, il n’est pas inavouable. cation du trait� de Londres. En six mois, les Les attentats dont les premiers exemples de la premi�re heure auront le pr�ventions nous ont �t� donn�s par le nihilisme russe, et temps de se modifier ; l’agitation �lectorale, qui avec lesquels tous les Etats de l’Europe pan’a peut-�tre pas �t� �trang�re � l’�motion ma- raissent destin�s � faire connaissance, se dis� hifest�e par le Parlement de Bucarest, aura de l’ancien crime poli.� cess� d’ici l�, et le gouvernement roumain, re- tinguent profond�ment Ils s’en distinguent par les moyens, qui venu � des id�es plus conciliantes, sera sans tique. sont emprunt�s � la chimie moderne, et qui doute heureux de saisir l’occasion, m�nag�e sont beaucoup plus terribles que les vieux enpar la sagesse des puissances, de rentrer dans gins d’assassinat en ce qu’ils permettent de le concert europ�en, dans des conditions dont produire � peu de frais des catastrophes ef. son amour propre n’aura point � souffrir. froyables. Ils s’en distinguent aussi par l’objet prochain, qui n’est plus le renversement d’un gouvernement ou le meurtre d’un person1)�V�CHES T�L�GRAPHIQUES nage, mais le terrorisme. Mais dans quelles intentions les criminels dont il s’agit cherdes correspondants du Temps particuliers chent-ils � r�pandre la terreur ? L�, il faut bien l’avouer, commence le myst�re, l� est le noeud Berlin, 18mars, 8 b. 10soir. du probl�me psychologique que nous nous poa La Gazette de l’Allemagne du Nord, organe of- sions en commen�ant. Que se passe-t-il dans DU TEMPS FEUILLETON "�’ '. " DU20 MARSisa3

ficieux, annonce qu’une souscription priv�e s’organise (probablement dans les cercles industriels protectionnistes) pour fournir au conseil �conomique prussien la subvention annuelle que la Cbambre des d�put�s de Prusse lui a refus�e. On sait que Je principal motif de ce refus �tait qu’un tel conseil empi�tait -sur les attributions du Parlement. Les motifs de la d�mission de M. Stosch, chef -de l’amiraut�, restent absolument inconnus. Les journaux lib�raux se plaignent du peu d’�claircissement que l’on donne au pays sur les mutations qui s’op�rent dans le gouvernement.

l’�me des forcen�s qui veulent faire sauter le palais d’un tsar ou, � Londres, les bureaux d’un minist�re ? Croient-ils qu’il n’y aura plus personne pour recueillir la couronne de Russie, ou, si M. Gladstone disparaissait, que la Grande-Bretagne ne trouverait pas d’autres ministres pour la gouverner ? S’imaginentils qu’Alexandre III, alors m�me qu’il inclinerait aux concessions, pourrait donner satisfaction aux r�ves des anarchistes ? Se sont-ils persuad�s que l’Angleterre, �mue des ravages de la dynamite, se sentira beaucoup plus dispos�e � abandonner l’Irlande � elle-m�me ? Il est difficile de croire que les auteurs des attentats se fassent des illusions de ce genre. Et alors revient la question que poursuivent-ils ? Quel effet attendent-ils de l’effroi qu’ils s�ment ? Trouvent-ils dans l’inqui�tude publique une satisfaction de vengeance qui leur suffit, ou bien cette inqui�tude, dans leur pens�e, doitelle finir par les rapprocher d’une fin qu’ils se proposent ? Voil� ce qu’il nous para�t bien difficile de d�terminer. 11 y a l� �videmment un probl�me tr�s inattendu, tr�s obscur, qui se dresse devant nous et qui appelle une solution. Le plus probable c’est que nous avons affaire � un sentiment � la fois vague et violent, � un fanatisme d’un nouveau genre et qui s’explique par des faits nouveaux. Les causes, comme il arrive toujours, en sont complexes. La principale est probablement l’exag�ration extraordinaire que l’id�e de progr�s a subie de nos jours. Les classes qui travaillent pour vivre souffrent incomparablement moins qu’elles n’ont jamais fait ; il n’y a point de comparaison possible entre leur sort au si�cle dernier ou m�me dans la premi�re moiti� de celui-ci, et leur sort d’aujourd’hui mais, en m�me temps, il s’est d�velopp� chez elles la notion que rien n’est plus impossible dans la voie de "Ces am�liorations o� elles ont d�j� fait des pas si �tonnants. Cette ambition � la fois l�gitime et extravagante s’est compliqu�e, chez la plupart, d’une grande ignorance des lois �conomiques et par suite d’une grande r�pugnance � accepter la nature des choses. Il semble que tout soit possible � l’homme, qu’il n’ait qu’� d�cr�ter la fin des in�galit�s naturell�s, qu’il r�ussira un jour par supprimer la mis�re, et pourquoi pas la maladie et la mort ? Il s’est gliss� dans les consciences un optimisme absolument romanesque et dont les raisonnements prennent tous la forme suivante telle condition sociale est un mal, donc elle doit dispara�tre, donc elle peut dispara�tre et dispara�tra de ? que nous le voudrons. Chose �trange 1 la soci�t� moderne souffre positivement d’un exc�s d’id�alit�. Mais il y a autre chose encore dans les attentat ? dont l’Europe s’effraie. Si les masses laborieuses ont beaucoup � apprendre, elles sont fort �trang�res aux crimes dont il s’agit. Elles ne conspirent pas. Le terrorisme est partout affaire d’un petit nombre de conjur�s qui aux ambitions justifi�es et aux extravagances id�ologiques do la d�mocratie joignent les ressentiments du d�class�, la haine d’un ordre de choses o� ils r ? ont pas sutrouvei leur place, des besoins de bouleversement, l’amour des ruines, la soif des �motions violentes, de la conspiration, en un mot tous les �l�ments de la secte et d’une secte tourn�e � la destruction de la soci�t�. IiTnsuro� dp. M. Vallfc* a admirablement rendu ce sentiment, un emportement aveugle, f�roce, quasi bestial. Le conspirateur en veut � la civilisation de ses souffrances comme d’une offense personnelle ; il ne recherche pas en quoi elle peut en �tre la cause, il se rue sur elle t�te baiss�e, comme le taureau sur le mouchoir rouge. La destruction universelle prend chez lui la puissance d’une id�e fixe. C’est dire qu’un seul rem�de ne suffit pas pour la gu�rison d’une pareille maladie. S’il y faut l’inflexibilit� de la r�pression, il y faut aussi une purification de l’atmosph�re intellectuelle et morale que nous respirons tous depuis bient�t un demi-si�cle..

pousser avec d�dain une proposition d’enqu�te sur la situation des travailleurs, il a, � sachant qu’un Fran�ais ne recule jamais devant la menace �, jet� "und�fi supr�me � toute la classe ottw��re en portant � la connaissance du public les dispositions prises pour assurer le maintien de l’ordre. Tels.sont, sommairement r�sum�s, les chefs d’accusation articul�s par les journaux radicaux contre le gouvernement � l’occasion du calme si entier de la journ�e d’hier. Il serait oiseux de faire ressortir l’insanit� de telles all�gations qui �chappent � toute controverse s�rieuse. Le plus simple bon sens suffira � faire comprendre qu’un gouvernement qui d�sirerait une �meute si de tels gouvernements peuvent exister sous la R�publique et dans le plein et libre fonctionnement du r�gime parlementaire s’y prendrait tout autrement que ne vient de le faire le minist�re pour pr�venir toute manifestation tumultueuse. Au lieu de ne laisser subsister aucun doute sur sa ferme intention de r�primer tout d�sordre, il se serait tenu coi, ne soufflant mot des dispositions prises. Il aurait laiss� les �meutiers s’engager, il aurait laiss� piller quelques boulangeries et casser quelques vitres ; il aurait laiss� Mlle Louise Michel ou toute autre personne du sexe aimable agiter un drapeau rouge ou noir ; puis, le moment venu, il e�t fait intervenir la force arm�e et remport� ais�ment sur l’�meute cette victoire qu’on l’accuse de rechercher. C’est alors que les radicaux auraient eu beau jeu pour attaquer le gouvernement en l’accusant d’avoir manqu�de pr�voyance et d’avoir tendu un pi�ge au peuple en laissant croire que les fauteurs de d�sordre n’avaient � redouter aucune r�pression et, en ce cas, les accusations port�es contre le minist�re n’eussent pas �t� absolument injustifi�es, la politique qui consiste � r�primer quand on peut pr�venir �tant une mauvaise politique, laquelle tourne rarement � l’avantage des gouvernements qui la pratiquent. N’insistons pas. L’absurdit� de ce reproche adress� au pouvoir d’avoir pouss� � l’�meute, alors qu’il a fait tout ce qui est humainement possible pour que l’ordre ne f�t pas troubl�, est trop �vidente pour qu’il soit n�cessaire de d�montrer, par de longs raisonnements, que lorsqu’on veut attirer les gens dans un pi�ge, on ne commence point par leur crier sur tous les tons Prenez garde � vous Seulement, on se demande comment certains hommes politiques qui occupent une place dans la Chambre, qui aspirent m�me � devenir les directeurs, sinon d’un, parti, au moins d’un groupe, peuvent se complaire � de telles billeves�es, et faire preuve d’aussi peu de bonne foi dans leur opposition au gouvernement. Que penser, en effet, d’hommes pr�tendant � une action politique s�rieuse qui, � propos de la journ�e d’hier, �crivent � L’arm�e de Paris ne devrait pas � avoir �t� d�rang�e inutilement. Elle devait )) marcher sur des s�ditieux il y en a au mi� nist�re. Ah s’il y avait seulement des hom� mes � la Chambre � Que de telles choses se disent dans ces r�unions publiques o� des orateurs, sans responsabilit� aucune, s’abandonnent � un absolu d�vergondage d’id�es et de mots, on le comprend, mais qu’elles s’�crivent dans un journal plac� sous la direction d’un d�out�, cela est certainement beaucoup moins explicable. + -b Toutes les esp�rances factieuses qu’excitait en certains coeurs l’approche du 18 mars ont �t� pleinement d��ues. Tous les sombres pronostics que la malveillance de certaine opposition se plaisait � r�pandre ont re�u le plus complet d�menti. Paris est demeur� absolument calme pendant la journ�e d’hier. Le m�rite en revient � la population elle-m�me, aux curieux, qui se sont tenus sur leurs gardes, aux malheureux dont on se flattait d’exploiter la mis�re et qui n’ont pas sign� ce march� do dupes ; le m�rite en revient aussi au gouvernement, qui n’a rien n�glig� pour assurer la paix de l� rue, pour d�courager les moindres vell�it�s de d�sordre. On ne saurait trop le f�liciter de cette attitude �nergique. D’abord, cela nous change. Il y a si longtemps qu’on n’avait plus vu des ministres prendre une r�solution, l’annonc�r publiquement et s’y tenir ! La surprise a �t� vive elle n’a pu que r�jouir les bons citoyens, ceux qui pensent que la libert� de tous doit �tre prot�g�e contre les entreprises de quelques-uns, et que le gouvernement manque � l’un de ses premiers devoirs l� o� il n’exerce pas cette fonction de pr�servation sociale. Il faudrait, toutefois ; ne pas conna�tre les partis pour croire que leur malice d�sarme devant l’�vidence. Ceux qui n’auraient pas �t� f�ch�s de voir la R�publique aux prises avec le trouble de la rue, et dont la journ�e d’hier a tromp� les secrets calculs, assurent que si le gouvernement a pris tant de pr�cautions, c’est qu’il se sentait faible. Un gouvernement fort,

disent-ils, n’a pas besoin do consigner les troupes et de masser des sergents de ville. Son prestige suffit � tout maintenir dans la r�gle. Nous ne rechercherons pas s’il existe ou s’il a jamais exist� beaucoup de ces gouvernements forts � qui les sergents de ville et les troupes sont inutiles quand, on les menace d’un mouvement s�ditieux. Mais nous n’h�sitons pas � dire que le gouvernement de la R�publique a fait preuve de force en agissant ainsi, et qu’il e�t t�moign� de sa faiblesse en agissant autrement. Oui, c’est faire preuve de force que d’armer contre l’�meute, non pas en cachette, comme les r�gimes impopulaires, mais publiquement et au grand jour. C’est faire preuve do force que de pr�venir des troubles qu’il serait si cruel, si douloureux, d’avoir � r�primer. Qu’on sourie du luxe des pr�paratifs accumul�s : voil� qui va bien, maintenant que ces pr�paratifs se sont trouv�s inutiles. E�t-on souri s’ils avaient, par malheur, re�u leur triste emploi ? E�t-on souri si, la n�cessit� d’agir s’�tant impos�e, l’insuffisance des pr�paratifs e�t retard� le moins du monde la victoire, d’ailleurs certaine, de l’ordre et de la loi ? Et si l’on doit quelque reconnaissance au pouvoir qui triomphe du d�sordre, n’en doit-on pas davantage au pouvoir qui l’emp�che ? La population parisienne peut r�clamer aussi sa part de louange. On la calomnie si souvent ! On la confond si souvent avec quelques meneurs venus on ne sait d’o� ! Certes, il y a des t�tes chaudes parmi les ouvriers de Paris, et, quand le ralentissement du travail leur impose des souffrances et des privations, on peut craindre que la pr�dication r�volutionnaire, si active et si violente depuis plusieurs ann�es, ne les entra�ne en quelque f�cheuse aventure. Mais ces m�mes ouvriers qui souffrent savent aussi que l’�meute n’est pas un bon moyen de faire marcher les affaires ; et, quant � la propagande anarchiste, beaucoup d’entre eux comprennent qu’elle est impuissante � rem�dier au mal. Ils ont vu les pontifes de la secte ; ils les ont entendus dans leurs salles de r�union ; ils ont d�m�l� l’illuminisme qui se cache sous le caract�re pratique apparent de leurs formules ils ont �prouv� que tous ces grands mots sonnaient le creux. Quoi qu’on en dise souvent, la libert� de la parole, la libert� de la presse, la libert� de r�union, font plus de tort que de bien aux utopies sociales et, si le bon sens para�t manquer aux orateurs de tant de clubs, il est plus r�pandu qu’on ne croit chez leurs auditeurs. Tant�t c’est un bon sens le vieille date, qui, d�s le premier moment, entre en d�fiance contre ce qu’on lui d�bite ; tant�t c’est un bon sens instantan�, qui na�t en quelque sorte dans les esprits, par r�action contre la sottise ambiante. Mais, dans un cas comme dans l’autre, c’est le bon sens, et il fait son ouvrage. Voil� pourquoi les temps sont bien loin encore o� l’anarchisme groupera une arm�e autour de ses chefs. Est-ce � dire que nous regardions tnut p�ril comme conjur� et que nous pensions qu’il faille rire des alarmes de ces derni�res semaines ? En aucune mani�re. Mais nous savons du moins que ces alarmes �taient exag�r�es et que, poui l’avenir, l’opinion peut s’en remettre avec confiance tant � la fermet� du gouvernement qu’� la sagesse populaire. Que la fermet� des uns ne soif, nas nnnr niifilmip chose dans la sagesse des autres, nous n’en jurerions point. Mais c’est l� le secret des consciences, et le public n’a rien � y voir. Tout ce qu’il peut demander, c’est la paix, l’ordre, le respect de la r�gle. Il a vu que ni la r�gle, ni l’ordre, ni la paix n’ont �t� menac�s hier, et il en t�moigne sa satisfaction � qui de droit. LA CONF�RENCE DU LIBAN Rustem-Pacha’ Les pouvoirs de Rustem-Pacha, gouverneur du Liban, expirant le 23 avril prochain, la Porte ainvit� les puissances � se r�unir pour s’entendre sur le choix de son successeur. Cette invitation a �t� faite en conformit� de l’article l^ du r�glement du 9 juin 1861 qui fixe la Constitution politique, administrative et financi�re du Liban. Cet article porte que � l’administration g�n�rale du pays sera confi�e � un gouverneur chr�tien, nomm� pour trois ans par la Porte, et relevant directement de celle-ci � ; mais 11ajoute que, � trois mois avant l’expiration des pouvoirs de ce gouverneur, la Porte, avant d’aviser, provoquera une nouvelle entente entre les repr�sentants des grandes puissances �. un avis concomme on le sait En donnant de Rustem-Pacha dans les fonctraire au maintien et en demandant fortions de gouverneurduLiban, mellement � la Porte qu’il soit pourvu � son remplacement, le gouvernement fran�ais n’a fait qu’user du b�n�fice r�serv� aux grandes puissances par l’article 1er, en ce qui concerne la nomination de ce haut fonctionnaire. Son intervention dans cette affaire est donc de droit strict et ne constitue point, par cons�quent, � l’ing�rence abusive � qui lui a �t� reproch�e par un journal de Londres. ’�

Le calme absolu de la journ�e d’hier, calme qui semblerait devoir �tre port� � l’actif du gouvernement, car il n’y a pas de politique plus sage que celle qui sait pr�voir et pr�venir les d�sordres possibles, sert, au contraire, de pr�texte aux partis extr�mes pour formuler un r�quisitoire des plus virulents contre le minist�re. Si, dans la journ�e d’hier, disent les organes les plus accr�dit�s du parti radical, de sanglantes collisions n’ont pas eu lieu, le m�rite n’en est pas au gouvernement, lequel n’avait rien �pargn� pour provoquer une �meute. Cette �meute �tait son. supr�me espoir, et pour l’obtenir il a fait cause commune avec les l�gitimistes et les bonapartistes et, � aid� d’une Chambre servile �, il n’a recul� devant aucun moyen pour aiguillonner le peuple et le pousser dans la rue. Non content d’avoir, toujours avec le concours d’une Chambre servile, humili� les populations ouvri�res en faisant re-

L�gitime au point de vue international, cette intervention a �t� rendue n�cessaire, au point de vue des int�r�ts fran�ais, par les pratiques administratives du gouverneur du Liban. De famille italienne, naturalis� Turc, mais rest� chr�tien, Rustem-Pacha est une de ces natures hautaines et absolues dont les d�fauts s’exag�rent dans l’exercice d’une autorit� presque sans contr�le. Ambassadeur de Turquie � Rome avant d’arriver au gouvernement du Liban, les rudesses de son caract�re �taient adoucies par les exigences de sa situation diplomatique. Esprit fin, d�licat jusqu’au raffinement, tr�s sceptique, il cachait une certaine souplesse de sentiments sous une grande hardiesse d’id�es. Descendant d’une famille comtale dont le nom lui appartient, il faisait mine de priser ses titres de noblesse plus que ses fonctions de ministre de la Porte et il mettait � �tre une sorte de grand seigneur �gar� dans la diplomatie turque une atfectailon de lib�ralisme qui est rest�e une des formes de son orgueil. Cette mani�re d’�tre fit croire � plusieurs diplomates que Rustem serait le meilleur gouverneur � donner aux populations chr�tiennes du Liban. Aussi, quand cette charge devint vacante, i’exambassadeur turc � Rome se trouva-t-il tout d�sign� pour la remplir. En faveur � la Porte autant que dans le monde des ambassades, il arriva en Syrie pr�c�d� d’une r�putation tr�s �tablie de lib�ralisme et de savoir-faire. On s’aper�ut bient�t que les qualit�s, ou ce serait plus juste les d�fauts qui l’aqui que vaient fait distinguer � Rome, le rendaient incapable de diriger l’administration du Liban suivant la nature, les moeurs et le caract�re des populations. Les privil�ges et les immunit�s locales dont les diverses communaut�s du Liban Maronites, Grecs unis et Druses jouissent en propre sous un gouvernement uniforme lui parurent contraires � tout esprit de discipline, et il s’appliqua � les d�truire. Aux observations que quelques chefs maronites lui adress�rent, il r�pondit par des paroles hautaines, blessantes. Ambitieux, depuis longtemps, de l’autorit� quasi souveraine de pacha, gouverneur d’une province, il s’en saisit avec d’autant plus d’�pret� que cette fortune lui arrivait sur le tard Rustem a aujourd’hui soixante-dix-sept ans. L’�ge avait aigri cette ambition, et il mit � la satisfaire un emportement qui gla�ait de crainte tous ses administr�s. IL y a quatre ans environ, un �v�que maronite, M. Bostani, irrit� du m�pris dans lequel le gouverneur tenait ses privil�ges eccl�siastiques, eutreprit de lui r�sister. Rustem le fit arr�ter, envoyer en exil � Jaffa, et il fallut que notre ministre des affaires �trang�res, M. Waddington, intervint de la fa�ou la plus active pour obtenir sa r�int�gration � Beyrouth. Cette affaire, mal conduite, � l’origine, par notre consul de Syrie, M. Guys, et mal comprise ensuite � Paris, eut, � l’�poque,� un grand retentissement chez les Maronites et il faut l’avouer, bien qu’ayant fini par tourner � l’avantage de notre diplomatie, elle fit surtout honneur � l’habilet� et � l’�nergie 4s Rustem. A partir de ce moment, les vis�es politiques que le gouverneur du Liban avait tr�s habilement dissimul�es sous le couv�t ae simples mesures administratives-ot 1�� l’on n’avait jusqu’alor3 fait qae so"PVoimer’ se sont r�v�l�es avec une �videnoc qui n’a plus permis aucun doute. Il est apparti clairement que le mobile de sa conduite dans la Montagne �tait de battre en br�che l’influenc� fran�aise aupr�s des populations chr�tiennes. Cette influence a, de tout temps, servi de contrepoids aux faciles abus de pouvoir de l’autorit� locale. Elle y a toujours �t� d’autant plus respect�s qu’elle ne s’est jamais employ�e que pour le bien et la sauvegarde du pays. Les pr�d�cesseurs du, gouverneur actuel du Liban, d’accord en cela aved les instructions de la Porte.- en avalent toujours fait un des points d’appui de leur autorit�. Mai., avec un homme de la nature de Rustem, cette in fluence devenait une barri�re � son orgueil dr pouvoir. Apr�s �tre entr� en rivalit� contre elle, U en devint l’adversaire. L’hostilit� presque ouverte que Rustem nous t�moigna alors ayant co�ncid� avec le bruyant voyage de sir Layard en Syrie et l’active propagande anglaise dont ce voyage fut le signal, on a voulu insinuer que � l’argent ou les promesses de l’Angleterre � avaient d�termin� son inimiti�. Nous n’avons pas � d�fendre le gouverneur du Liban contre des insinuations aussi mesquines. Ce qui nous semble plus vrai, c’est que dans la lutte sourde mais incessante qu’il a engag�e contre notre influence, depuis l’affaire de M. Bostani, s’est laiss� aveugler par son orRustem-Pacha et ses rancunes. � En d�fendant mon autogueil dirit� contre les empi�tements de vos consuls d�fends les droits de la Porte, comme sait-il -je c’est mon devoir. � C’est en r�alit� son absolutisme qu’il voulait d�fendre, et c’est ce sentiment qui l’a conduit � rechercher dans la politique anglaise les moyens de combattre l’influence fran�aise. Dans cette pens�e, il s’est appliqu� � d�sagr�ger les populations catholiques r�unies sous le protectorat religieux que nous exer�ons en Orient, en. m�me temps qu’il favorisait l’�l�ment druse qui constitue la client�le de l’Angleterre et qu’il cherchait � rattacher � celle-ci les Grecs et les Arm�niens orthodoxes de Syrie. En ce qui concerne les desseins de ces deux derni�res communaut�s, Rustem dirig�s contre l’Influence fran�aise se sont trouv�s par une sorte de ricochet atteindre la Russie dans le protectorat qu’elle exerce sur les orthodoxes d’Orient. Ils expliquent la d�termination de cette puissance � se joindre au gouvernement francais pour s’opposer au maintien de Rustem et demander son remplacement.

Supposons une falaise ou mieux une jet�e, un la force utilis�e est inappr�ciable comparatimur de quai ou un obstacle quelconque servant vement � celle qui est perdue. � � arr�ter le flot. Au niveau des basses mers on M. C. de T. promet, au reste, d’�tudier le �tablit un tuyau de conduite arrivant au fond probl�me suivant � Transformer en mouvedeux compartiments � ment circulaire uniforme les mouvements g�1 1 1 t d’un r�servoir � l’un au-dessus de l’autrepeu n�raux de la mer et les mouvements irr�guliers l 1 1 1 1 et pr�s �gaux, plac�s CAUSERIE � une pression maximum de et les chocs m�mes de la lame, pour recueillir SCIENTIFIQUE pouvant r�sister deux atmosph�res. La partie inf�rieure de la sur les c�tes, � l’aide de l’�lectricit�, et Ira^s. des mar�es L’utilisation ta�ttr� h. nnierieur a des, distances variables, chambre la plus �lev�e coronum’i11�i�-Nous avons � plusieurs reprises insist� sur chambre �nieneure par un tube � large section une force sans limites et jusqu’ici sans emploi qui vient s’ouvrir un peu au-dessus du fond de industriel certain. � Nous suivrons avec beaul’importance qu’aurait l’utilisation des mar�es au point de vue de la production de la force. On cette derni�re chambre, par cons�quent au ni- coup d’int�r�t les solutions qu’il pourra offrir a dans les mouvements de soul�vement et d’a- veau � peu pr�s des plus basses eaux. La par- pour ce probl�me, dont il est inutile de faire ressortir la grande importance. baissement de la mer une source de force en tie sup�rieure de chaque chambre communique de distribution d’une Dans le m�me num�ro de la Nature, un inquelque sorte illimit�e. Un ing�nieur italien a par un tube avec l’organe a �crit une lettre sur l’utidepuis longtemps d�j� imagin� d’�tablir de machine ordinaire � air comprim� des robi- g�nieur, M. G. D. nets permettent de fermer ou d’ouvrir ces deux lisation des mar�es. Il y expose un syst�me chambres pareilles � des gazom�tres, vastes imagin� en 1865 par M. Gerbert, un ing�nieur. dans lesquelles l’eau de .mer, arrivant par des tubes. belge. Deux bassins sont superpos�s ; le bassin Quand la mar�e monte, l’un de ces robinets tuyaux comprimerait un certain volume d’air dans son mouvement ascendant et ferait au con- est ferm�, l’autre est ouvert ; aussit�t qu’elle le plus �lev� doit pouvoir contenir les eaux des est arriv�e � une certaine hauteur, le tube plus hautes mar�es, le bassin inf�rieur est en traire le vide dans son mouvement descendant. i L’air comprim� au del� d’une atmosph�re, de qui fait communiquer la chambre sup�- contre-bas des plus basses mar�es. Le moteur -Im�me que l’air rar�fi�, fournirait ainsi al- rieure avec le fond de la chambre inf�- hydraulique est une turbine Koechlin � double ternativement de la force � des appareils en rieure se trouve envahi, et tout l’air de la couronne. Il y a une vanne d’introduction de chambre inf�rieure se trouve clos, il se l’eau sur la turbine et dans le bassin de r�mouvement. Jamais ce syst�me si ing�nieux, iet dont les d�tails �taient fort bien �tudi�s, n’a comprime, et sa pression est constamment serve sup�rieur ; une autre vanne sert au bas’re�u encore d’application. Cela tient sans doute �gale � la hauteur de la mar�e ; l’eau monte sin inf�rieur ; elle retient les eaux pendant que la mer alimente, directement le r�cepteur et avec la mar�e dans le tube de communication � ce qu’il faut des forces tr�s consid�rables permet leur �coulement quand c’est le r�serpour produire une quantit� de force un peu des deux chambres. Quand on est � mi-mar�e, voir qui fournit ses eaux. Une troisi�me vanne grande ; les immenses gazom�tres qu’il fau- on peut commencer � faire agir l’air comprim�, drait construire seraient fort co�teux, et le ter- et si les capacit�s des deux r�servoirs sont bien sert � �vacuer les eaux du bassin de d�Tain o� l’on pourrait les �tablir serait aussi calcul�es, de telle fa�on que le r�servoir inf�- charge. A mar�e haute, quand la mer est �tale, l’eau fort cher. Il n’y a qu’une puissante soci�t� qui rieur mette, pour se vider d’air, le temps que et sur le r�s ipourrait faire de tels essais, et il y aurait lieu l’eau mettra pour monter � son niveau le plus remplit le bassin lelaplus �lev� agit la vanne mar�e descend, ..d’examiner si le capital d�pens� en b�timents �lev�, soit environ trois heures, la machine � cepteur. D�s que du bassin sup�rieur se ferme et en constructions serait r�mun�r� par l’�co- air comprim� marchera avec une force cons- plac�e au-dessous nomio obtenue dans la production de la force. tante. "m�caniquement, et le r�cepteur continue � �tre activ� directement par la mer ou par la rivi�re. "Comme ce sujet est n�anmoins extr�mement Quand la mer est �tale, le r�servoir sup�rieur Le niveau descendu au niveau de la seconde le int�ressant, nous attirerons l’attention sur une est plein on tourne les robinets, resteniveau ’inote publi�e dans le journal la Nature par M. redescend et le r�servoir sup�rieur plein vanne, celle-ci se ferme spontan�ment et la ce qui permet au de "<D. T., qui a conserv� l’anonyme, sur les par l’effet de la pression atmosph�rique. C’est vanne sup�rieure se rouvre, alors cette pression qu’on fait agir et qui fait r�servoir d’alimenter la turbine pendant que la moulins de mar�e. mer descend. Cette manoeuvre spontan�e des }f L’auteur rappelle que sur les c�tes de Breta- fonctionner la machine, comme co�t � l’heure ’gne, o� les rivages sont profond�ment d�cou- c’�tait l’air comprim� ; cette action inverse du- vannes se fait au moyen de flotteurs et sans le p�s, on a install� � peu de frais quelques r�- rera encore trois heures. � Ce syst�me, dit secours de l’homme. Dans l’application que M. Gerbert avait faite servoirs de mar�e qui agissent directement sur M. C. do T. est assur�ment ing�nieux, mais jles moteurs appropri�s. Il parle aussi d’un mo- sa force est extr�mement limit�e par l’impos- de son syst�me, les deux r�servoirs avaient teur expos� � Londres, � l’une des derni�res sibilit� de construire sans frais �normes des respectivement 6,000 et 8,000 m�tres de super"jexpositions (c’est sans doute celui auquel nous r�servoirs r�sistants et absolument imper- ficie une machine travaillant vingt-quatre �aisons. allusion plus haut), dont le principe m�ables � l’air sous pression, et capables d’ac- heures par jour donnait une force de 10 chevaux. Le syst�me a toutefois �t� abandonn�, � consistait dans la compression do. l’air par l’�- tionner pondant des heures une machine d’une l�vation des eaux de mer ; il d�crit ensuite un puissance m�me m�diocre. A mon avis, l’effet cause de la gr ande superficie de terrain qu’il -�vst�'r> de son inventionproduit n’esf pas proportionnel � sa cause, et exige. C’est l�. nous l’avons d�j� dit. l’inconv�-

nient capital du -syst�me d’utilisation des mar�es, qui autrement offrirait tant d’avantages. Ce syst�me ne pourra jamais �tre appliqu� avec convenance que dans des localit�s o� les terrains sont pour ainsi dire � vil prix.

Pendant une longue p�riode d’observations durant laquelle les animaux sur lesquels se faisaient les exp�riences recevaient la m�me quantit� de nourriture, la quantit� d’ur�e secr�t�e pendant les vingt-quatre heures demeura constante, et cette constance s’observait encore la pression descendait � une demi-atI/lnfluence de la pre’ssion de Vair sur l’organisme. quand mosph�re. Quand elle n’atteignait plus que le Le docteur Fraenkel a lu � la Soci�t� physio- tiers d’une atmosph�re, la quantit� d’oxyg�ne logique de Berlin l’analyse do quelques exp�- qui �tait dans le sang subissait une diminutiou riences qu’il a faites avec le docteur Geppert marqu�e, l’animal tombait dans un profond sommeil, et, quand ce degr� de rar�faction pour d�terminer l’influence de la rar�faction de l’air sur l’organisme animal. Ces deux phy- avait dur� plusieurs heures, il y avait une resiologistes ont �tudi� les ph�nom�nes relatifs marquable augmentation dans la quantit� de aux gaz qui sont dans le sang des animaux l’ur�e. Cette augmentation ne s’observait qu’au bout quand ces animaux respirent dans de l’air rar�fi� et ont recherch� quelle est l’influence de d’un jour dans le cas o� les animaux avaient �t� nourris au contraire elle se produisait le cette rar�faction sur la pression du sang. Cet �l�ment �tait enregistr� par un mano- jour m�me quand on tenait les animaux sans m�tre, dont un bras communiquait avec un nourriture et qu’ils avaient faim ; en tout cas, c�t� de la bo�te o� se trouvait l’animal, et par l’augmentation dans la production de l’ur�e ce moyen avec une art�re de l’animal, tandis durait pendant deux jours apr�s l’exp�rience. Le docteur Fraenkel estime que la rar�facque l’autre bras �tait en communication avec la bo�te. Quand la pres- tion influence la m�tastase, en privant le sang la cavit� g�n�rale de sion atmosph�rique descendait � la moiti� de et les tissus d’une partie de l’oxyg�ne qui leur sa valeur normale, la pression du sang ne mon- est n�cessaire ; ce manque d’oxyg�ne am�ne trait pas encore de changement ; quand cette une destruction excessive de l’albumine, et les produits de l’albumine se d�posent en partie � pression descendait au tiers d’une atmosph�re, on constatait une petite augmentation dans la l’�tat de graisse et deviennent pour l’autre partie des mati�res de l’urine. Pendant que l’�lipression du sang. mination de l’ur�e augmente, il se fait une d�Chose bizarre, cette augmentation disparaissait quand l’animal venait � s’endormir dans g�n�rescence graisseuse des tissus. Pair ainsi rar�fi� au tiers et pendant tout le temps du sommeil la pression redevenait normale. Quand on poussait la rar�faction encore Nous signalerons en terminant quelques liplus loin, au quart d’une atmosph�re, le pouls vres nouveaux. devenait faible petit � petit, la pression du sang ,Le Dictionnaire annuel des progr�s des diminuait, et quand on ne lui rendait pas rapi- sciences et institutions m�dicales de M. Gardement la quantit� normale d’oxyg�ne dont il nier est arriv� d�j� � sa dix-huiti�me ann�e (1). a besoin, le coeur cessait ses mouvements. Ce Dictionnaire suit pour ainsi dire le d�veloppeL’int�r�t principal des recherches nouvelles ment des sciences m�dicales ; il sert de suppl�est dans la d�termination exacte de l’influence ment toujours nouveau aux dictionnaires and’une atmosph�re rar�fi�e sur la m�tastase, ques- ciens. tion sur laquelle on n’avait encore que des Dans l’introduction, M. Garnier nous dit En g�n�ral, tous les � Des microbes ! toujours et partout des microdonn�es contradictoires. physiologistes �taient d’accord avec M. Paul bes rien que des microbes ! est l’�pigraphe Bert, qui a �tudi� � fond cette question de l’in- qui convient bien � cette ann�e m�dicale, la fluence des pressions sur l’organisme vivant, plus f�conde en investigations do tout genre et estimaient que la diminution do pression sur les infiniment petits. � En effet, tout l’effort des m�decins, suivant produit des ph�nom�nes chimiques li�s � la diminution de la provision d’oxyg�ne. On- pre- l’impulsion donn�e par M. Pasteur, se porte nait pour mesure de la m�tastase la quaatit� d’ur�e s�cr�t�e dans les vhigt-auatr� h�utees. (]) Paris, cher Germer-BalHi�r ?, k.r’~

sur ce sujet. On s’occupe des microbes de la fi�vre typho�de, des fi�vres palud�ennes, de la fi�vre jaune, de la rougeole, de la pneumonie croupale, de la rage, etc. Toutes les discussions scientifiques de l’ann�e, les d�couvertes nouvelles, les �v�nements m�dicaux de quelque importance sont mentionn�s dans ce recueil aussi pr�cieux pour l’homme de science que pour le m�decin.. i. MM. du Moncel et Frank G�raldy ont ajout� un volume � la Biblioth�que des Merveilles do M. Hachette YElectricit� comme force mo~ trice. Apr�s une introduction et des notions pr�liminaires sur les �lectro-aimants et leurs lois, sur les moyens employ�s pour diminuer les effets nuisibles produits dans les �lectro-moteurs, les auteurs passent en revue la premi�re phase des moteurs �lectriques, fond�e ou sur les r�actions dynamiques des courants, ou sur l’attraction" dufer, ou sur des actions chimiques. La deuxi�me phase des moteurs �lectriques embrasse ce qu’on nomme les machines r�versibles on en montre toutes les applications, comme les applications au transport de la force, � la traction des voitures, � la production de la lumi�re. L’ouvrage se termine par des notes sur le rendement �lectrique et sur la caract�ristique des machines dynamo-�lectriques. Il est enrichi d’un grand nombre d’excellentes, figures. Nous avons re�u le premier volume d’un ouvrage intitul� Vonfliclo y Armonias de Las Rozas en America, par M. Sarmiento, publi� � Baenos-Ayres. Nous signalerons seulement le d�but de cet ouvrage, consacr� � l’ethnologie am�ricaine et plus sp�cialement � celle des races qui peuplent la -R�publiqueArgentine, race quichua, race guarani, race arauco-pamp�enne, amalgames de races de couleurs diverses. L’histoire de la conqu�te et de l’influence qu’elle a eue sur les* racesautochtones comme sur la race conqu�rante pr�sente un extr�me int�r�t, mais demanderait des d�veloppements consid�rables. Nous signalerons enfin une �tude intitul�e Il Mar Morto e la Pentapqli del Giardano de M. Eugenio Falcucci (imprim� � Livourne). La premi�re partie de cet ouvrage est g�ologique et se rapporte � la formation de la mer Morts et aux ph�nom�nes dont le bassin de ceUo-mer int�rieure a �t� et est encore le th��tre. �. VKRVIKR.