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Oberkampf, et arriva assez à temps pour apercevoir le consommateur qui disparaissait.

Courir après lui, le ramener avec des gardiens de la paix, fut l’affaire d’un instant.

Ayant déclaré qu’il ne pouvait payer, ce singulier consommateur fut conduit au commissariat du quartier, où, fouillé, il fut trouvé porteur d’un certificat émanant de la prison de Poissy, dans laquelle il avait passé plusieurs mois pour escroquerie.

Cet individu est un nommé Eugène Bavoux, né à Soissons, et se disant cuisinier.


Un vol des plus audacieux a été commis hier à la gare du Nord.

M. le baron Coppens de Fontenay, attaché à l’ambassade de Belgique, arrivé par le train de Lille, tenait à la main un nécessaire renfermant divers bijoux.

Pour chercher son bulletin de bagages et la remettre au conducteur des omnibus qui stationnaient dans la cour, il avait déposé ce nécessaire dans la voiture où il avait l’intention de prendre place.

Deux minutes s’étaient à peine écoulées et, cependant, elles avaient suffi à un adroit voleur pour s’emparer du nécessaire et disparaître.

Plainte a été déposée au bureau du commissaire spécial de la gare, qui a commencé une information.


LES TRIBUNAUX


Hier est venue devant le Tribunal correctionnel de la Seine une affaire dont les détails sont plus horribles que l’imagination la plus cruelle n’en pourrait inventer.

Il s’agissait d’une mère, la femme Marchotte, qui, de concert avec son amant, le nommé Charet, maltraitait impitoyablement son petit enfant, revenu à l’âge de deux ans, du village où elle l’avait placé en nourrice.

Le pauvre petit être était frappé sans merci : les voisins entendaient ses cris de souffrance.

Huit témoins sont venus déposer des mauvais traitements dont le pauvre petit a été victime.

L’un deux à vu la mère barbare forcer l’enfant à manger « des saletés » dans une cuiller et s’écrier, sur son refus : « Tu en mangeras quand même ! »

Et l’homme, sans cesse, disait au pauvre petit : « Tu ne crèveras donc pas ? »

Bref, l’enfant est mort à force de mauvais traitements.

L’autopsie, faire sur la foi de la rumeur publique, démontra qu’il portait sur son corps « seize ecchymoses ou traces de coups violents » et qu’il était mort d'une blessure reçue à la tête.

La femme Marchotte a été condamnée à un an de prison et son amant à six mois.


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