Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 4, 1838.djvu/194

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un champ brûlé par les chaleurs du soleil ; il respirait librement ; sa chaleur brûlante s’est apaisée, et, comme je l’ai dit, les médecins ne craignent plus pour sa vie.

— Avez-vous remarqué l’heure, milord connétable ? » dit l’archevêque d’un air de triomphe. « À ce moment même, vous avez prêté l’oreille à ces conseils que le ciel vous suggérait par la bouche du plus indigne de ses serviteurs. Deux mots seulement sur la pénitence, une seule prière, et quelque grand saint aura intercédé pour qu’on vous écoute immédiatement, et que votre requête soit accordée libéralement. Noble Hugues, » continua-t-il en saisissant sa main avec une espèce d’enthousiasme, certes le ciel a dessein de faire de grandes œuvres par la main de celui dont les fautes sont pardonnées aussi volontiers, dont la prière est reçue si promptement. Aussi on dira le Te Deum landamus dans chaque église et dans chaque couvent de Gloucester, avant vingt-quatre heures. »

Le connétable, non moins joyeux, quoique peut-être il attribuât moins à la Providence la guérison de son neveu, exprima sa reconnaissance au messager en lui jetant sa bourse.

« Je vous remercie, noble lord ; mais si je me baisse pour ramasser cet échantillon de votre bonté, ce n’est que pour le rendre à celui qui me le donne.

— Comment, maraud ! dit le connétable, il me semble que ton habit n’est pas assez bien garni pour mépriser un pareil don.

— Celui qui désire attraper des alouettes, milord, reprit le messager, ne doit pas fermer son filet sur des moineaux. J’ai un plus grand don à demander à Votre Seigneurie, et par conséquent je refuse la présente gratification.

— Un plus grand don, dit le connétable : je ne suis pas un chevalier errant pour m’engager par une promesse avant de savoir jusqu’où elle s’étend ; mais viens demain à mon pavillon, et tu ne me trouveras pas mal disposé à faire ce qui est raisonnable. »

En disant ces mots, il prit congé du prélat et retourna chez lui, ne manquant pas de visiter son neveu en passant devant sa maison, où il reçut la même assurance que lui avait apportée le messager au manteau bigarré.