Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 4, 1838.djvu/130

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selon l’usage, en signe de respect pour l’âge et la parenté.

« Je ne savais pas, dit le connétable, que mon digne ami eût une telle parente.

— Elle était sœur de ma grand’mère, dit Éveline. C’est une noble Saxonne ; mais elle désapprouva une alliance formée avec un baron normand, et ne revit jamais sa sœur après son mariage. »

Elle s’interrompit, car le messager, qui avait l’air de l’intendant d’une grande maison, parut devant elle, et fléchissant le genou avec respect, il lui remit une lettre dans laquelle le père Aldrovand trouva l’invitation suivante, exprimée, non pas en français, langue employée généralement parmi la noblesse, mais en vieux saxon, modifié par quelques expressions françaises :

« Si la petite-fille d’Alfred de Baldringham a encore assez de sang saxon dans les veines pour désirer voir une vieille parente qui habite la maison de ses pères et qui vit selon leurs mœurs, elle est invitée à se reposer pour la nuit dans la demeure d’Ermengarde de Baldringham. »

« Vous jugerez sans doute à propos de refuser cette offre d’hospitalité, dit le connétable de Lacy. Le noble Herbert nous attend, et il a fait de grands préparatifs pour nous recevoir.

— Votre compagnie, milord, est plus que capable de le consoler de mon absence. Il est naturel et convenable que je réponde aux avances de conciliation de ma tante, puisqu’elle a daigné m’en faire. »

Le front de de Lacy se couvrit d’un léger nuage ; car il était rare que sa volonté éprouvât la plus légère contradiction. « Je vous prie de réfléchir, lady Éveline, dit-il, que la maison de votre tante est probablement sans défense, ou du moins très-mal gardée. Permettrez-vous au moins que je vous accompagne ?

— Ma tante, milord, est seule maîtresse de juger si cela est nécessaire, et il me semble que, puisqu’elle n’a pas sollicité l’honneur de votre compagnie, j’aurais tort de vous laisser prendre la peine de m’accompagner. Je ne vous en ai déjà que trop occasionné.

— Mais votre sûreté personnelle, madame… » ajouta de Lacy, qui ne pouvait se décider à abandonner le dépôt qui lui était confié.

« Ma sûreté, milord, ne peut courir aucun danger dans la maison d’une si proche parente. Les précautions qu’elle prend pour elle-même doivent me suffire.