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Page:Œuvres de Blaise Pascal, X.djvu/32

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16 ŒUVRES

Malgré cet échec à Bordeaux, on n'abandonna pas l'affaire : au moment où l'Assemblée du Clergé s'apprêtait à pousser à bout les jansénistes et parlait à nouveau du Formulaire, le Conseil du Roi, par un arrêt du 12 août 1660, désigna des commissaires ecclésiastiques pour examiner le livre de Wendrock ; leur rapport fut remis le 7 septembre; le 23, le Conseil condamna le livre, qui fut brûlé sur la place publique, le A octobre *.

Voici l'ordonnance préliminaire du Conseil {Archives Nationales, E 171 1, f° 106) et le jugement des commissaires ecclésiastiques {Bibliothèque Mazarine, A. i5g45) :

��1. A cette occasion Arnauld écrit, le 19 octobre 1660, à Florin Perier (2 e recueil du Père Guerrier, p. 62) : « J'ay reçu celle que vous m'avez fait l'honneur de m 'envoyer avec les papiers qui regar- dent l'affaire de ce pauvre homme, mais comme il y a des raisons qui m'obligent de me tenir plus caché que jamais, je me trouve dans l'impuissance de pouvoir presque faire aucune affaire qui demande quelque sollicitation, et ainsi M. Pascal a eu la bonté de s'en charger, et ne pouvant voir la Marquise a cause de la petite vérole qui a esté chez luy, il verra M r le Nain avec qui il concertera de tout ce qu'il faudra faire.

«Vous pourrez apprendre par la Gazette de samedy dernier qu'enfin le pauvre Wendrock a esté condamné par des Commissaires du Conseil, qui est une nouvelle forme de faire juger des livres, surtout en matière d'heresie. S'il y avoit quelque vigueur dans l'Assemblée, elle ne souffriroit pas l'introduction d'une nouveauté si dangereuse, mais il n'y a que de la lâcheté et de la faiblesse à attendre de la part des hommes. Cependant la deffense des Professeurs de Bordeaux que vous avez vue (et dont nous vous envoierons un autre exemplaire, quand nous le pourrons joindre avec un second écrit sur le meame sujet), est fort bien reçue, et ainsi le jugement de ces Commissaires dévoués au P. Annat se trouve ruiné avant que de l'avoir rendu. On nous mande aussi de Bordeaux que cet Ecrit y fait des merveilles, et que les Pro- fesseurs se mocquent de ce nouveau jugement, et n'en sont que plus fermes dans le leur. Je suis tout à vous; mes recommandations s'il vous plaist à M le vostre femme, à la bonne M lle Baudoin, et je vous suplie d'assurer M r Domat, quand vous le verrez, que je ne l'ay pas oublié, mais il faut un peu de tems pour lui pouvoir rendre réponse de l'affaire qu'il m'a recommandée. »

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