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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/367

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DIX SEPTIÈME PROVINCIALE


portaient d'eux mesmes, vous n'en parlastes plus. Et quoy qu'il semblast que vous deussiez après cela estre ¹satisfaits de leur conduite, vous ne laissâtes pas de les traiter encore d'heretiques ; parce, disiez-vous, que leur cœur démentoit leur main, et qu'ils estoient Catholiques exterieurement, et heretiques interieurement, comme vous mesmes l'avez dit dans vostre ²Resp. à quelques demandes p. 27. et 47².

Que ce procedé me parut étrange, mon Pere ! Car de qui n'en peut-on pas dire autant ? et quel trouble n'exciteroit-on point par ce pretexte ? Si l'on refuse, dit S. Gregoire Pape³, de croire la confession de foy de ceux qui la donnent conforme aux sentimens de l'Eglise, on remet en doute la foy de toutes les personnes Catholiques. Je craignis donc, mon Pere, que vostre dessein ne fust de rendre ces personnes heretiques, sans qu'ils le fussent, comme parle le mesme Pape sur une dispute pareille de son temps : parce, dit-il⁴, que ce n'est pas s'opposer aux heresies; mais c'est faire une heresie, que de refuser de croire ceux qui par leur confession témoignent d'estre dans la veritable foy : Hoc non est hæresim purgare, sed facere.

Mais je connus en verité, qu'il n'y avoit point en effet d'heretiques dans l'Eglise, quand je vis qu'ils s'estoient si bien justifiez de toutes ces heresies : que vous ne pûtes plus les accuser d'aucune erreur contre

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1. B. [satisfait].

2. Cf. cette citation d'Annat, supra p. 338.

3. W. Regist lib. 5. cap. 15. — Ces citations sont empruntées à Arnauld, cf. supra, p. 324 sq.

4. W. Epist. 16.