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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/363

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DIX SEPTIÈME PROVINCIALE


je vous declare hautement et nettement que personne ne répond de mes Lettres que moy ; et que je ne répons de rien que de mes lettres.

Je pourrois en demeurer là, mon Pere, sans parler de ces autres personnes que vous traitez d'heretiques, pour me comprendre dans cette accusation. Mais comme j'en suis l'occasion, je me trouve engagé en quelque sorte à me servir de cette mesme occasion pour en tirer trois avantages. Car c'en est un bien considérable de faire paroistre l'innocence de tant de personnes calomniées¹. C'en est un autre et bien propre à mon sujet, de monstrer toùjours les artifices de vostre politique dans cette accusation. Mais celuy que j'estime le plus, est que j'apprendray par là à tout le monde la fausseté de ce bruit scandaleux que vous semez de tous costez : Que l'Eglise est divisée par une nouvelle heresie. Et comme vous abusez une infinité de personnes, en leur faisant accroire que les points sur lesquels vous essayez d'exciter un si grand orage, sont essentiels à la foy, je trouve d'une extrême importance de détruire ces fausses impressions, et d'expliquer icy nettement en quoy ils consistent, pour monstrer qu'en effet il n'y a point d'heretiques dans l'Eglise.

Car n'est-il pas ²veritable que si l'on demande en quoy consiste l'heresie de ceux que vous appeliez


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On ouvriroit tous les troncs de Saint-Merry sans que vous en fussiez moins innocens.... »

1. Cf. Pensées, fr. 929, T. III, p. 368 : « Je vous ay querellez en parlant pour les autres. »

2. B. [vray].