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ŒUVRES


s'empressa de briser les formes. L'impression en fut pénible ; on courait souvent les boutiques des libraires et les imprimeries (Cf. Hermant, Mémoires, T. III, p. 263). Pascal lui-même signale ces difficultés dans un post-scripium ajouté à la lettre, et, de fait, le tirage in-4° de 8 pages en petits caractères est mal composé et présente de grosses fautes (Cf. le fac-similé infra p. 372). Une autre impression plus correcte et plus soignée fut faite en 12 pages in-4°. Cette Provinciale fut imprimée chez Langlois.


IV. — SOURCES

Dans cette Provinciale théologique, Pascal s'est constamment inspiré des écrits de Lalane et d'Arnauld, et surtout de la Seconde Lettre à un duc et pair. La collaboration directe d'Arnauld, comme celle de Nicole, est manifeste; il faut y insister, car on a cru apercevoir dans cette dix-septième Provinciale une première trace de divergence d'opinions entre Pascal et les « Messieurs ». Au même moment (5 février 1607), étaient écrites les premières Disquisitions de Nicole, où l'on retrouve des citations que donne Pascal et une argumentation identique. Aussi on prétendit que, comme Pascal, Nicole avait fait, de son propre mouvement, de trop grandes concessions sur la grâce suffisante. Mais Arnauld répondit à ceux qui protestaient, dans sa Response à quelques plaintes sur la 3e disquisition. L'accord demeure donc parfait, et les documents nouveaux, comme les Avis des consulteurs, sont utilisés à la fois par les uns et les autres. Tandis que Pascal écrivait pour le grand public, Nicole cherchait à convaincre les théologiens; Wendrock signale cette entente quand il écrit dans sa préface de 1658 : « .....non alienum mihi visum est tres Disquisitiones Pauli Irenæi cum his litteris simul éditas ad illarum calcem subnectere quòd permulta quæ Montaltius scholastica dumeta refugiens consulto prætermiserat, in his luculenter explanata reperiantur. » Les contemporains ne s'y sont pas trompés, et Rapin va même jusqu'à attribuer sans