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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/288

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ŒUVRES


termes de cette mesme lettre, où M. de S. Cyran¹ parle du sacrifice de la Messe, comme du plus excellent de tous, en disant, Qu'on offre à Dieu tous les jours, et en tous lieux le sacrifice du corps de son fils, qui n'a point trouvé DE PLUS EXCELLENT MOYEN que celuy-là pour honnorer son Pere? Et en suite, Que Jesus-Christ nous a obligé de prendre en mourant son corps sacrifié, pour rendre plus agreable à Dieu le sacrifice du nostre, et pour se joindre ²à nous lorsque nous mourons, afin de nous fortifier en sanctifiant par sa presence le dernier sacrifice que nous faisons à Dieu de nostre vie et de nostre corps. Dissimulez tout cela, mes Peres, et ne laissez pas de dire qu'il détournoit de communier à la mort, comme vous faites p. ³[35]. et qu'il ne croyoit pas le sacrifice de la Messe. Car rien n'est trop hardy pour des calomniateurs de profession.

Vostre seconde preuve en est un grand témoignage. Pour rendre Calviniste feu M. de S. Cyran, à qui vous attribuez le livre de Petrus Aurelius, vous vous servez d'un passage où Aurelius explique pag. 89⁴. de quelle maniere l'Eglise se conduit à l'égard des Prestres, et mesme des Evesques qu'elle veut deposer ou degrader. L'Eglise, dit-il, ne pouvant pas leur oster la puissance de l'ordre, parceque le caractere est ineffaçable, elle fait ce qui est en elle : elle oste de sa memoire ce caractere qu'elle ne peut oster de l'ame

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1. Cf. ce texte de Saint-Cyran, supra p. 238 sq.

2. B. à nous, a été omis.

3. Toutes les éditions par erreur: [33].

4. Cf. ce texte du Petrus Aurelius, supra p. 235 sq.