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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/255

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SEIZIÈME PROVINCIALE. — INTRODUCTION


est persecuté dans celuy de l'Eglise, bien que la gloire dont il jouît, le rende aussi incapable de mourir, que d'estre affligé?...

Je suis tellement touché au moment que je vous escris de cette pensée, que je desirerois l'avoir au jour de ma mort. Il me semble, que ce devroit estre une devotion de celuy qui assiste tous les jours au Sacrifice de l'Eglise, que de l'adorer dans cette pensée qu'il doit faire luy-mesme un jour à Dieu comme un Sacrifice de son propre corps, en mourant, et donnant une fois sa vie à JESUS-CHRIST en Sacrifice, comme JESUS-CHRIST a donné et immolé une infinité de fois la sienne à son Pere pour l'amour de nous. C'est pourquoy il a voulu que nostre mort fut jointe à la sienne, en nous obligeant de prendre en mourant son Corps sacrifié, pour rendre plus agreable à Dieu le Sacrifice du nostre, et pour se joindre à nous lors que nous mourrons, afin de nous fortifier, en sanctifiant par sa presence le dernier Sacrifice que nous faisons à Dieu de nostre vie et de nostre corps [p. 271 sq.].

Lettre XXXII. A une personne de condition de ses amys [M. Pelletier des Touches] datée : du Bois de Vincennes ce 21. Decembre 1642.

(Pensées et paroles de devotion lors qu'on reçoit la tres-sainte Eucharistie). ...Vous n'avez qu'à suivre le Prestre qui vous Communie, et en recevant l'Hostie sur vostre langue, dire à Dieu, Mon Dieu sanctifiez ma langue: et avant que le Corps du Fils de Dieu soit descendu dans le cœur (car il le faut tenir quelque temps sur la langue, tant pour la sanctifier par le divin attouchement du Corps, que pour ramolir les especes) vous pourrez dire avec l'Epouse. Descendez dans vostre jardin de fleurs et de parfums... [p. 265].

Lettre LXXV. A une dame de très-grande condition; 15. Novembre 1641.

[Après avoir parlé des paroles de la consecration]... Aussitost que [J.-C.] a fait et offert cette œuvre à son Pere, il rentre par la bouche du Prestre, qui le receoit, dans le mesme estat invisible où il estoit auparavant... [p. 265].