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ŒUVRES


écrite à Louvain le 19. de May en l'année 1617. et par la quatriéme écrite en l'année 1619. le 29. de Mars, que ce grand homme qui vous a donné le nom de Jansenistes, sçavoit mieux que Jean d'Alba se recompenser de ses services, et pratiquer non la doctrine des Casuistes, qu'il méprisoit, mais celle que vous leur imputez, et qui est en effet capable de renverser toutes les familles.

Car dans la quatriéme Lettre que Jansenius écrit à l'Abbé de saint Cyran, il le prie de ne se mettre pas en peine des dépenses de son neveu, qui estoit en Flandre, parce qu'il a moyen de lui payer sa pension des biens du College qu'il manie. Quant à Barcos (c'est le neveu de l'Abbé de saint-Cyran) [je n'ay rien obmis de ce que vous requerez de moy, m'y croyant par vostre consideration plus qu'obligé] vous vous mettez trop en peine du fournissement de ce qu'il aura besoin, et me semble que vous n'apportez pas en cela vostre rondeur accoustumée. Car je vous ay tant de fois repeté que cela ne m'incommode aucunement, et le dirois franchement, s'il estoit autrement, non [pas] que j'aye tant de moyens de moy-mesme qui n'ay rien sinon ma vie, mais c'est l'argent du College, qui est en mes mains qui permet bien cela et davantage, SANS QU'AUX COMPTES QUE J'EN RENDS TOUTES LES ANNÉES PERSONNE DU MONDE EN SÇACHE RIEN [Je feray tout de mesme à l'endroit d'Arguitel (autre neveu de St Cyran), quand il sera besoin, etc.].

Et dans la premiere.

Quant à moy, dit-il, Je suis encore sans benefice, non toutesfois

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pourquoy vous interpretez par avanture autrement mon silence, que mes redites tant de fois faites sur cela ne requierent ; à sçavoir, qu'il n'y a point de haste, pour des raisons que je vous ay escrites il y a long temps : Et quand il seroit mesme besoin de rendre conte entier de l'argent du College ; le peu de credit que j'ay icy m'en feroit trouver au besoin ; mais nous ne sommes pas à ces termes... »

[En manchette : « Par cette lettre nous voyons comme il continuë de vouloir obliger le Nepveu de S. Cyran, aux despens du College, dont il avoit charge, et dont le revenu estoit destiné à l'entretien des pauvres Escholicrs Hollandois, qui estoient Catholiques. »]