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ŒUVRES


tyrannie. C'est ce que j'ay fait neantmoins. J'ay arrestê leur impudence, et je l'arresteray encore par le mesme moyen. Je declare donc qu'ils ont menty tres impudemment, MENTIRI IMPUDENTISSIMÈ. Si les choses qu'ils m'ont reprochées sont veritables, qu'ils les prouvent ¹donc, ou qu'ils passent pour convaincus d'un mensonge plein d'impudence. Leur procedé sur cela découvrira qui a raison. Je prie tout le monde de l'observer, et de remarquer cependant que ce genre d'hommes, qui ne souffrent pas la moindre des injures, qu'ils peuvent repousser, font semblant de souffrir tres patiemment celles dont ils ne se peuvent deffendre, et couvrent d'une fausse vertu leur veritable impuissance. C'est pourquoy j'ay voulu irriter plus vivement leur pudeur, afin que les plus grossiers reconnoissent, que s'ils se taisent leur patience ne sera pas un effet de leur douceur, mais du trouble de leur conscience.

Voila ce qu'il dit, mes Peres. Et ²il finit ainsi : Ces gens-là dont on sçait les histoires par tout le monde, sont si evidemment injustes, et si insolens dans leur impunité, qu'il faudroit que j'eusse renoncé à Jesus-Christ et à son Eglise, si je ne detestois leur conduite, et mesme publiquement, autant pour me justifier, que pour empescher les simples d'en estre seduits.

Mes Reverends Peres, il n'y a plus moyen de reculer. Il faut passer pour des calomniateurs convaincus, et recourir à vostre maxime, que cette sorte de

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1. B donc, manque.

2. B. il finit, manque; ces mots ont été rétablis dans l'édition de 1712.