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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/218

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ŒUVRES


contre la loy de Dieu, de ¹la nature, et de l'Eglise, encore qu'on n'y voye aucune esperance d'amendement : etsi emendationis futuræ spes nulla appareat. Je vous prie sur cela, mes Peres, de me dire lequel y a le mieux répondu selon vostre goust, ou de vostre P. Pintereau, ou de vostre P. Brisacier, qui defendent le P. Bauny en vos deux manieres ; l'un en condamnant cette proposition, mais en desavoüant aussi qu'elle soit du P. Bauny; l'autre en avouant qu'elle est du P. Bauny, mais en la justifiant en mesme temps? Escoutez-les donc discourir. Voicy le P. Pintereau, pag. ²[19]. Qu'appelle-t'on franchir les bornes de toute pudeur, et passer au delà de toute impudence, sinon d'imposer au P. Bauny comme une chose averée, une si damnable doctrine ?

Jugez, lecteur, de l'indignitè de cette calomnie, et voyez à qui les Jesuites ont affaire; et si l'auteur d'une si noire supposition ne doit pas passer desormais pour le truchement du pere des mensonges. Et voicy maintenant vostre P. Brisacier 4. p. pag. 21 ³ . En effet le P. Bauny dit ce que vous rapportez. C'est dementir le P. Pintereau bien nettement. Mais, ajoute-t'il pour justifier le P. Bauny, vous qui reprenez cela, attendez quand un penitent sera à vos pieds, que son Ange gardien hypotheque tous les droits qu'il a au ciel pour estre sa caution. Attendez que Dieu le Pere

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1. B. la, manque.

2. Toutes les éditions, par erreur: [18]. — Cf. ce texte de Pintereau, supra p. 174.

3. Cf. ce texte de Brisacier, supra T. V, p. 301 sq.