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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/213

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QUINZIÈME PROVINCIALE


il ose dire au contraire, Qu'il croit que la maniere dont il en a usé luy estoit permise.

A quoy songez-vous, mes Peres, de témoigner ainsi publiquement, que vous ne mesurez la foy et la vertu des hommes que par ¹ l'intention qu'on a pour vostre Societé ? Comment n'avez-vous point apprehendé de vous faire passer vous-mesmes et par vostre propre aveü, pour des imposteurs et des calomniateurs ? Quoy, mes Peres, un mesme homme, sans qu'il se passe aucun changement en luy, selon que vous croyez qu'il honnore ou qu'il attaque vostre Compagnie, sera pieux, ou impie ; irreprehensible, ou excommunié; digne pasteur de l'Eglise, ou digne d'estre mis au feu; et enfin catholique, ou heretique ? C'est donc une mesme chose dans vostre langage, d'attaquer vostre Societé, et d'estre heretique? Voilà une plaisante heresie, mes Peres? Et ainsi quand on voit dans vos escrits, que tant de personnes catholiques y sont appellées heretiques, cela ne veut dire autre chose, sinon que vous croyez qu'ils vous attaquent. Il est bon, mes Peres, qu'on entende cét estrange langage, selon lequel il est sans doute que je suis un grand heretique. Aussi c'est en ce sens que vous me donnez si souvent ce nom. Vous ne me retranchez de l'Eglise, que parceque vous croiez que mes Lettres vous font tort : et ainsi il ne me reste pour devenir catholique, ou que d'approuver les excés de vostre Morale, ce que je ne pourrois faire sans renoncer à tout sentiment

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1. B. [les sentimens qu'ils ont] ; W. ut quisque de Societate vestrâ sentiat.